07 septembre 2005
The Aggressives, 2005, Jeong Jae-eun, Corée du Sud
Synopsis :
Le parcours de plusieurs jeunes dont la principale passion (et la seule en fait) est le roller. Vont s'ensuivre joies et désillusions.
Si vous aimez le roller ou les sports de glisse en général, vous adorerez The Aggressives.
Si vous n'aimez pas le roller ou que vous vous en foutez royalement (tel est mon cas), vous trouverez quand même votre compte grâce à un rythme soutenu du début à la fin, une mise en scène ample, efficace et collant parfaitement au sujet (peut-être parfois trop, on se croirait souvent dans un spot TV pour Tony Hawk) et des acteurs qui donnent envie d´être potes avec eux.
Les acteurs d´ailleurs, aucun d'entre eux ne fait de roller sérieusement et pourtant ils assurent grave. On voit dans le générique de fin leur entrainement et ils se paient de sacrés gamelles. Chapeau pour avoir persévéré jusqu'à arriver à un niveau si élevé et impressionnant. Car il faut savoir que ce ne sont pas des cascadeurs durant les scènes de roller, encore heureux vu que ça occupe la moitié du film. Encore bravo. Oui bravo. J'ai envie de dire bravo là, de faire des compliments, profitez-en jeunes gaillards, ça ne durera pas. Hop, fini.
Mais ce n´est pas qu'un film sur de jeunes branleurs passant leur temps à slider sur tout et n´importe quoi (des escaliers, une rampe, un rhododendron, un sandwich, des espadrilles, ma grand-mère), on y voit des ados/pré-ados/post-ados (on ne sait pas vraiment) ne se préoccupant pas de leur avenir, pensant qu´ils sont loin de tout ça, et se rendant compte au fur et à mesure que retarder l'échéance de la vie active ne sera pas possible éternellement (paf, dans ma gueule). Ils sont déconnectés de la réalité pour la plupart et ne font que vivre pleinement leur passion. Mais plus on progresse dans l'histoire et plus les relations vont s'assombrir, de "ouais tape m'en 5 brother on partage tout même les slips" on passe à "le roller c'est ma vie tu peux pas comprendre /y a pas que le roller dans la vie tu veux pas comprendre" et un certain désenchantement apparait. Malgré le fait que l'on soit dans un film relatant les déboires d'une bande de jeunes adultes, on aura pas de romance et vas-y que je chiale, tu chiales, il chiale, mais pourquoi il chiale, ah parce que je chiale, oh regarde c'est marrant ils chialent tous. Et ça, c'est bien.
Je ne me rendais pas compte à quel point faire ce genre de sport était mal considéré en Corée du Sud : les flics interviennent à tout bout de champ, les gens les prennent pour des marginaux. Vraiment étonnant. La société n'accepte pas les gens qui ne suivent pas le troupeau et vont dans la même direction, c´est peut-être un peu pareil ailleurs mais là c´est encore pire.
A savoir que Jeong Jae-eun a précédemment réalisé le sympathique et très sensuel Take Care of My Cat et il y a vraiment un fossé entre les deux. Pour prendre un exemple concret c'est comme si James Ivory se mettait à faire du Tony Scott. En gros.
2005, une bonne cuvée. Ah ouais dis donc.
Ah, et 12 points bonus (ce qui nous fait arriver à un score de 654, désolé mais vous êtes au-dessus du juste prix, au revoir la cafetière) pour la jolie actrice (Jo Yi-jin) dont c´est là le premier film. Rien que pour elle, jetez vous sur The Aggressives. Les mecs tout du moins. Les mecs qui aiment les asiatiques au sourire d'ange.
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24 août 2005
Crying Fist (Jumeogi unda), 2005, Ryu Seung-wan, Corée du Sud
Synopsis :
Gang Tae-shik est un boxeur déchu réduit à gagner sa vie en servant de punching-ball humain dans la rue pour les gens stressés. Yu Sang-hwan est un jeune délinquant, bon à rien, qui va se retrouver en prison après une agression. La boxe sera le vecteur qui les reliera pour leur donner une seconde chance.
Crying Fist n'est pas un film sur la boxe mais un film sur deux êtres humains tentant de trouver la rédemption dans ce sport. Deux personnes déchirées, sans repères, considérés comme des parias. L'un par sa famille, sa femme surtout, l'autre par la société. Il n'y a rien au début du film qui peut nous faire apprécier ces individus. Et pourtant...
Gang est rejeté par sa femme et son fils qui a honte de lui. S'en foutant littéralement, préférant se saoûler et s'humilier en public (il le dit lui même : "Je n'ai plus aucun amour propre, alors pourquoi s'en faire ?"), il s'impose à nous comme une grosse ordure. Mais incarné par un Choi Min-sik resplendissant, on va se surprendre à croire en lui, à aimer cet homme affreux en apparence mais si fragile à l'intérieur. Yu vit, enfin passe de temps en temps, chez sa grand-mère. Son père, il ne le voit que très peu et n'a aucun véritable contact avec lui. A son arrivée en prison, il va vite comprendre que le comportement qu'il adoptait à l'extérieur est à oublier, comme si une nouvelle vie commençait. La boxe sera d'abord pour lui un exhutoire avant qu'elle ne lui serve à comprendre qui il est vraiment.
Gang se fait frapper pour de l'argent dans la rue. Yu apprend à vivre en prison. Gang a des problèmes avec sa famille. Yu ne la voit plus du tout. Pendant les 3/4 du films, on suit leur odyssée en montage parallère sans jamais qu'ils ne se rencontrent. Une façon simple mais efficace pour que la comparaison qui s'opère nous montre qu'ils ne sont pas si différents que ça. Ce sera la boxe qui les fera se rencontrer lors d'un championnat national. Tous deux pensant y trouver une chance de se racheter aux yeux de leurs proches et de la société. La détermination dont ils vont faire preuve pour y parvenir sera impitoyable, c'est là que tout va se jouer et il le savent tous les deux. Evidemment qu'ils vont se rencontrer en finale, évidemment que le match sera rude, si on suit leur parcours depuis le début, c'est bien pour cette raison. Mais peu importe qui sera le vainqueur, en étant arrivé là, ils ont tous les deux gagné.
On savait avec Die Bad que Ryu Seung-wan était talentueux mais avec Crying Fist il vient de montrer qu'il était un des réalisateurs sur qui il fallait compter en Asie. Les combats de boxe sont magistralement filmés, chacun d'une façon différente pour montrer l'évolution des personnages. Il s'autorise même un round complet en plan-séquence, chose absolument incroyable quand on sait à quel point les scènes physiques sont difficiles. Bourrin dans sa démonstration mais tendre dans sa volonté de dépeindre des laissés pour compte, il nous offre là un film fabuleux et émouvant. Choi Min-sik, lui, nous prouve que ses séances d'entrainement pour Old Boy n'ont pas été oubliées. C'est l'homme fort du film, un grand acteur, comme il n'y en a plus beaucoup.
A Bittersweet Life, Antarctic Journal, Blood Rain et maintenant Crying Fist, on y croyait plus mais la Corée est toujours vivante.
18 août 2005
Bilan Coréen - Part Four A : les plus que sympathiques
Hé ben, ça faisait un bail. Alors c'est quoi donc les plus que sympathique ? Et bien ce sont des films qui sont sympas mais plus. Plus avec le S non muet. Sinon je vois pas trop ce que ça voudrait dire, déjà que là c'est limite alors sinon, je vous dis pas...
2424, 2002, Lee Yeon-wu
Bon j'aurais bien fait le coup du "il ne faut pas confondre le titre avec l'année de production" mais je l'ai déjà fait avec 2009 : Lost Memories et comme je suis pas du genre à me répéter (ou si peu), je m'abstiendrai. 2424 (à ne pas confondre avec l'année de production ahahahahahahah) est, comme l'affiche le montre à la perfection, un drame intimiste assez touchant sur deux hommes vivant dans un carton. Chose drôle, le premier s'habille tout le temps en costard-crav...oui ok je me suis trompé mais ça peut arrivé à tout le monde. 2424 (à ne pas confondre avec l'année de production ptdr) est une comédie déjantée, car sans pneus, où une jeune équipe de déménageurs peu expérimentés puisque jeunes va avoir fort à faire avec des gangsters et des flics en civils ayant eu la bonne idée de se grimer en....déménageurs ! Fou ça ! On se marre beaucoup, ça tombe bien, c'est une comédie. Basé sur les quiproquos, 2424 (à ne pas confondre avec l'année de production lolmdr) va à 100 à l'heure. En plus en carton c'est super balèze. Même avec des roulettes.
Antarctic Journal, 2005, Im Pil-seong
Début du film : paysages polaires somptueux, musique glaciale, des hommes en expédition. On pense bien sûr à The Thing, surtout quand le fantastique fait son apparition, mais on se trompe lourdement. Je mets "on" comme ça je me sens moins seul. Antarctic Journal est avant tout une formidable aventure humaine. On suit avec grand intérêt la longue marche de ces 6 hommes devant lutter contre la faim, le froid et la folie (trois F et j'ai même pas fait exprès !) cherchant à atteindre le P.O.I. : Point of Inaccessibility aka le point le plus à l'intérieur des terres de l'antarctique, là où seulement une poignée d'hommes ont déjà posé le pied. J'ai parlé de fantastique donc puisqu'à plusieurs reprises on est confronté à des visions assez étranges (un oeil dans une glacière, une main sortant du sol) mais au fur et à mesure que le film avance, on se rend vite compte que tout cela n'est que le reflet de la folie qui s'empare de certains des hommes de l'expédition. La musique de Kenji Kawai colle parfaitement à l'atmosphère (même si ses habituels débordements nauséeux se font parfois entendre) et est une des nombreuses raisons pour lesquelles Antarctic Journal est un film dont on ne sort pas indemne.
Bet on my Disco, 2002, KIM Dong-won
Les coréens sont toujours très bons quand ils font des films sur les 80's de leur pays natal. Conduct Zero ou le second sketch de No Comment en sont des preuves flagrantes. Bet on my Disco n'échappe pas à la règle et permet à toute une gallerie extravagante de personnage de s'épanouir au beau milieu de cette époque. Pour les gens intuitifs (et qui savent surtout lire un titre et regarder une affiche), oui il va y avoir de la danse et oui, de la danse disco. Formidable ! On en demandait pas temps. Pong-pal est ses deux amis doivent remporter le disco contest annuel du cabaret de leur ville pour permettre à sa soeur de quitter son job, job qu'elle occupe pour rembourser les dettes de son père envers le patron de ce dit cabaret. Problème : ils ne savent absolument pas danser. Bon ça a l'air un peu concon comme ça (ça l'est parfois en fait) mais le film ne cède pas à la facilité et croque des personnages très intéressants aux relations plus que touchantes. Le père de Pong-pal en est le parfais exemple. Oui ok, je vais parler de la chose que vous attendez tous : the annual disco contest ! Hé bien c'est un grand moment, hilarant et euphorisant (de même que les séances d'apprentissage avec le prof efféminé. Oooooooh le cliché....pouet).
A Bittersweet Life, 2005, Kim Jee-woon
Déjà parlé, déjà dit du bien. Je rajouterai simplement que sans Old Boy, ce film, et d'autres également, n'auraient certainement pas vu le jour. Que ce soit d'un point de vue esthétique ou scénaristique. les similitudes sont troublantes mais jamais négatives pour le film de Kim. Old Boy a véritablement changé la donne en Corée du Sud. Park Chan-wook ne fait heureusement pas partie de ces personnes qui aiment se répéter et user un filon jusqu'à la corde. En effet, son dernier film (Sympathy for Lady Vengeance) n'a apparemment rien à voir, que ce soit au niveau technique ou artistique avec Old Boy, beaucoup de personnes se sont même demandées si c'était bel et bien Park qui réalisait. C'est assez important à signaler. Donc je le signale. Voilà c'est signalé. Pour toute personne désirant un autre signalement, je leur dirai 1m80, 67 kilos, blond, salopette, manchot. Et ce n'est pas discutable.
Ah oui et pour lire tout le mal que j'en pense pas, c'est ici.
Champion, 2002, Kwak Kyung-taek
Décidément, 2002 est une année faste pour la Corée du Sud (contrairement à 2004). Champion est le 4ème film de Kwak, il succède à Friends, un des plus grands succès de tout les temps au pays du matin calme. Même si je respecte énormément ce dernier, je lui préfère Champion, plus "chaud", plus généreux. Le film retrace l'histoire vraie de Kim Deuk-goo, boxeur coréen issu d'un milieu défavorisé qui mourut sur le ring en 1982 en combattant le champion mondial en titre. Oh mince, j'ai raconté la fin, tant pis, c'est ça de manquer de culture générale. Il y a un truc que je n'ai jamais compris : je déteste la boxe, je trouve ça inintéressant au possible, mais les 3/4 des films que j'ai vu traitant du sujet m'ont passionné au plus haut point (Gentleman Jim, Fat City, Raging Bull, When we were Kings, Bullet Ballet, Ali). Les noms des réalisateurs n'y sont certainement pas pour rien, a chaque fois on a à faire à des gens à l'univers bien marqué et au talent indéniable (Walsh, Huston, Scorsese, Tsukamoto, Mann). Kwak fait désormais partie de ceux-là, ce qui est un énorme honneur de ma part, t'as intérêt à le mériter mec.

Conduct Zero aka No Manners , 2002, Cho Geun-shik
2002 again. 80's style again. Conduct Zero est sûrement le film le plus nostalgique de toute cette vague. Le début peut laisser pantois : gigantesque baston à grand coup d'effets numériques (réussis pour une fois) mais c'est juste un délire que s'est octroyé le réalisateur pour surprendre les spectateurs. Mais surtout pour amener la mythologie du héros dont le personnage principal (intérprété par Ryu Seung-Beom) est "victime" alors qu'il n'est qu'un loser pas très intelligent qu'on ne verra jamais se battre. Jouant les durs pour se faire respecter, il va tomber amoureux d'une fille plutôt sage et gentille : comment c'est trop la honte pour lui ! Son comportement va donc changer au fur et à mesure du film pour conquérir le cœur de la demoiselle. Un bonheur de film, entrainant, cool et fun. Et si c'est fun, c'est bien.
Dharma to Seoul aka Hi, Dharma! 2, 2004, Yuk Sang-Hyo
Attention les moines déjantés sont de retour ! Scénario basique pour gags à la pelle. Les moines décident d'aller en pélerinage sur le temple d'origine de leur défunt maître, à Séoul ; mais arrivés là, ils se retrouvent face à un entrepreneur qui a les droits sur la construction d'un immeuble en lieu et place du temple... Alors à votre avis ils vont faire quoi ? Hein ? Celui qui répond "aider l'entrepreneur à détruire le temple" a le droit de se couper une jambe au couteau à beurre. C'est un film coréen, c'est une comédie, il y a un conflit avec des grands pontes donc...donc...il va y avoir des gangsters ! Waouh, fallait y penser ! Niveau séquence d'anthologie (encore ?!) on est servi : le triple-défi moine/gangster avec concours de Karaoké/duel de hoola-hoop/je me rappelle plus du dernier ; le moine qui gagne au loto... Le premier volet a été un des plus grands succès coréens de ces dernières années mais celui-ci n'a pas suivi son prédécesseur, dommage vu que je le trouve supérieur. Mais ça fait longtemps que les producteurs coréens ne m'écoutent plus, faut pas s'étonner après...
Father and Son : The Story of Mencius, 2004, Kim Ji-yeong
On entre là dans la comédie grasse et lourde au pitch simpliste prétexte à une pléthore de gags plus ou moins drôles, mais là ça tombe bien : plus souvent plus que moins. Truc achète un appartement pour que son fils se rapproche du lycée dans lequel il vient d'être accepté. Pas de bol, son voisin de palier est un gangster , appellé Machin (enfin c'est moi qui l'appelle machin) dont la nièce partage la même classe que le fils de Truc. Les deux ados vont se lier d'amitié (mmmh... seulement d'amitié ?), ce qui ne va pas plaire à Truc et Machin. Je me permet de donner des noms français (Truc et Machin donc, très répandu dans le Nord Pas-de-Calais) vu que j'ai totalement oublié leurs véritables patronymes mais de toute façon, qui s'en soucie. Joh Jae-hyun (qui incarne Truc) a une carrière assez particulière puisque naviguant entre film d'auteur extrémiste (acteur fétiche de Kim Ki-duk) et comédies mainstream lourdingues. D'ailleurs, Kim Ki-duk fait un caméo dans le film sous forme d'emballage cadeau, incroyable mais faux !
Vu que je suis un mec vraiment trop sympa, un extrait de la musique d'Antarctic Journal : waouh !
11 août 2005
A Bittersweet Life (Dalkomhan insaeng), 2005, Kim Jee-woon, Corée du Sud
Synopsis :
Sun-woo est un homme dont le coeur et l'esprit restent fermés aux émotions. Servant le boss de son gang depuis maintenant 7 années avec une rigueur froide et clinique (comme sa personnalité), celui-ci lui donne une mission durant son absence. Surveiller sa petite amie et la tuer si jamais elle le trompe.
Mmmmh....c'est donc un film de Kim Jee-woon....le même Kim qui a réalisé l'euphorisant The Foul King et le chiantissime 2 Soeurs. Je reste stupéfait devant le fossé qui séparent ces deux films de A Bittersweet Life. Comment Kim a t-il pu acquérir tant de style, de classe et de panache en si peu de temps ? Je testerai le kimchi coréen un jour. Il ne faut pas se méprendre, le film ne sort pas du lot et ne fera pas beaucoup de bruit. Kim n'invente rien et recycle, la différence entre d'innombrables tâcherons et lui, c'est le talent. Une histoire de gang, de vengeance, de violence...du déjà-vu, c'est certain mais avec quelle efficacité !
Après une intro qui savate, le film prend son temps, avance sur un rythme lancinant et maitrisé à la perfection. Sun-woo ne ressent rien en apparence mais on s'aperçoit très vite que la coquille d'étain cache une sensibilité qui ne demande qu'à éclore (elle ne le fera que lors de la dernière séquence du film). Lee Byung-heon, assez fade dans des films comme JSA ou Everybody has Secrets, est de tous les plans et habite littéralement le rôle. Le voir passer d'un calme zen à une violence extrême en un quart de seconde est franchement impressionnant. Et on est pas au bout de nos suprises, je n'aurais jamais pensé le voir autant à l'aise dans des scènes d'action telle que le film en propose. Un journaliste français le compare au Alain Delon des 70's dans les bonus du DVD, comparaison plutôt pertinente s'il en est.
A partir de la moitié du métrage, les séquences d'anthologie vont s'enchainer une heure durant. Et je déconne pas ! J'ai l'air de déconner ? Non bon alors ! Ca faisait longtemps que j'avais pas vu tant de violence sèche montrée de façon aussi stylisée. Purée que ça fait du bien ! Eclatage de main à la clé à molette, baston avec torches, pilonnage de crâne contre un mur, enucléage au portable (farpaitement), arrachage de pouce au flingue (Taxi Driver rules)... Quand Sun-woo se rend chez les trafiquants d'armes, ça se termine mal, très mal. La séquence est incroyable et la course au réarmement est un de mes grands moments ciné de 2005. Le gunfight final n'est pas moins jouissif et trouve ses marques du côté de John Woo circa A Better Tomorrow ou encore Ringo Lam. Beaucoup critiqueront d'ailleurs en disant que oui, ce genre de film a déjà été fait maintes et maintes fois à Hong-Kong mais la Corée du Sud y trouve là un souffle nouveau et redore un peu le blason qui prenait la poussière sous une bâche trouée depuis début 2004.
Kim Jee-woon, i want your next movie as good as this one !
Teaser
Trailer
Clip (réalisé par Lee Byung-heon)
09 juillet 2005
Bilan Coréen - Part Three C : les biens mais pas top ter (et accessoirement fin)
Reversal of Fortune, 2003, Park Youn-Wun
La vie de Seung-Wan va à vau-l'eau. Amour, travail, rien ne va. Un jour qu'il traverse un tunnel en voiture, il se croise alors lui-même dans le sens opposé et se retrouve projeté dans une autre vie : celle du riche golfeur chouchou des médias qu'il aurait dû être s'il n'avait pas perdu un tournoi étant jeune. Seung-Wan va vite découvrir que sa nouvelle vie de playboy milliardaire n'est pas si rose que ça. CRC mais pas que, science-fiction mais pas que, comédie burlesque mais pas que, Reversal of Fortune joue la carte connue du "et si ça s'était passé autrement ?". Avec beaucoup de réussite d'ailleurs puisqu'on se prend de sympathie dès le début avec le(s) personnage(s) principal(aux). On a bien sûr le droit à tout une partie "adaptation à la nouvelle vie", "connaissances surprises par l'attitude du-dit personnage", et ça passe sans problème. On connait la chanson mais on se laisse tout de même avoir, et sans se plaindre en plus ! Si c'est pas malheureux....
Saving my Hubby, 2002, Hyeon Nam-Seop
Le pitch simpliste (un employé invité dans un bar par ses collègues se retrouve ivre mort, sans argent et donc séquestré par le propriétaire, se voit dans l'obligation de téléphoner à sa femme pour que celle-ci apporte de quoi payer la note) est avant tout prétexte à une accumulation de situations plus ou moins saugrenues. On a alors à faire à une sorte d'After Hours féminin avec Bae Doo-Na dans le rôle principal. En effet, celle-ci va rencontrer galère sur galère sur le chemin du bar tout en se trimballant son fils dans le dos. La première heure est amusante mais la suite bien laborieuse et lassante, ça tourne pas mal en rond, les personnages sont toujours les mêmes (le gang qui s'en prend plein la tronche), bref on finit par s'ennuyer même si les comédiens donnent tout l'énergie qu'ils peuvent pour faire vivre le film. Bon allez, B+ mais que je t'y reprenne plus hein, sacripan va.
Sisily 2km aka To Catch a Virgin Ghost, 2004, SHIN Jeong-Won
Et allez, quand on sait pas quoi faire en Corée du Sud, on mixe plusieurs sous-genres au pif pour voir ce que ça peut bien donner. Comme un gosse de 8 ans qui utilise son kit de chimie amusante et mélange l'acide sulfurique avec l'alcool à brûler pour en mettre 2/3 gouttes dans le biberon du petit frère un peu casse-pied mais au bon fond quand il ne lance pas ses jouets à la figure du sieur sus-nommé. Alors là, l'addition équivaut à film de gangster + comédie + film de fantôme. Waouh, ça peut vous péter à la gueule ça quand même. Et c'est le cas mais de façon positive. Lim Chang-Jeong s'en donne à coeur joie en chef de gang pseudo-autoritaire et (très) con. Après avoir vu Sex is Zero ou The Greatest Expectation, on sait très bien que son talent comique n'est plus à prouver. Les séquences hilarantes à base de quiproquos, de gags débiles, de parodie de ring-like et d'humiliations en tout genre (spécialité asiatique) sont légions et emportent l'adhésion. La fin à base de possession corporelle est néanmoins trop longue est brouillon pour que je place Sisily 2km dans la catégorie du dessus. Dommage.
Superstar Mr. Gam, 2004, Kim Jong-Hyeon
Nous voici à présent dans la catégorie dite du "film sportif". Généralement ça consiste en une équipe (ou comme ici un joueur) plutôt mauvaise ou débutante qui finit par battre les meilleurs du pays voire du monde (tant qu'on y est hein). Ici, on parle base-ball, sport national sud-coréen (et japonais aussi d'ailleurs), le seul autre film avec lequel je pourrais comparer étant YMCA Baseball Team avec Song Kang-Ho. On retrouve Lee Beom-Su (Au Revoir, UFO; Jungle Juice) dans un rôle qui lui sied comme un gant. De base-ball ! La vanne était facile donc autant que je la fasse, je n'ai pas gagné ma réputation de maître loser dans une boîte de Rice Krispies moi monsieur. Que dire, que dire....c'est efficace (dans le genre), c'est bien torché (dans le genre), ça ne surprend jamais vraiment, il y a LA sous-intrigue à base de romance obligatoire : ça permet de passer du bon temps tout en s'épilant les aisselles à la main (méthode moderne dite de "l'arrachage de touffe").
Et on a quand même le droit à un mec heureux sprintant au ralenti sur "We're Not Gonna Take It" des Twisted Sisters, alors merde quoi.
The Big Swindle, 2004, Choi Dong-Hun
On a ici un film d'arnaque surfant allégremment sur la vague d'Ocean's Eleven et pensant donc roubler tout le monde avec ses astuces de maternelle et son twist trouvable dès le premier quart d'heure (un record). On peut cependant noter une construction en flash-back rythmant le film suffisamment bien pour qu'on se fasse pas (moins ?) chier, une gallerie d'acteurs jouant la coolitude absolue, une mise en scène stylée et racée donc jolie pour les yeux. Reste que The Big Swindle est totalement anecdotique, que personne ne s'en souviendra dans 2 ans et qu'on ne voit même pas de nichons pour rattraper tout ça. Mais dans quel monde vit-on je vous le demande....
The Quiet Family, 1998, Kim Jee-Woon
Premier film du réalisateur du formidable Foul King et du chiantissime 2 Soeurs, The Quiet Family s'essaie à la comédie ultra-noire et caustique avec plus ou moins de réussite. On suit les péripéties d'une famille propriétaire d'une auberge où d'un seul coup, les clients viennent se suicider un par un. Ne tenant pas à avoir de problèmes, celle-ci s'évertue désespérément à cacher les corps des victimes. S'ensuient alors une multitudes de saynètes cocasses et souvent bancales. Débutant par un plan-séquence sur fond de "Tres Delinquentes" des mexicains de Delinquant Habits, je m'attendais à un film fun et enjoué. The Quiet Family est hélas plutôt mollasson et ne passionne pas réellement. On retrouve dans le rôle des deux fils Song Kang-Ho et Choi Min-Sik qui feront vraiment parler d'eux l'année suivante avec Shiri.
Some, 2004, Jang Yun-Hyeon
Critique déjà effectuée alors vous croyez quand même pas que je vais m'embêter à réecrire quelque chose dessus non ?
Iciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Enfin je peux tout de même dire que c'est un polar sans envergure (mais pensant en avoir) réalisé par le réalisateur de Tell Me Something (La Sixième Victime en France, titre ridicule s'il en est) et incorporant une sous-intrigue fantastique totalement inutile. Pourtant, ça se laisse regarder. Le savoir-faire technique coréen frappe encore et permet de faire abstraction du scénario foutraque pour se concentrer uniquement sur la forme. Alors oui évidemment c'est loin d'être un point positif. C'est d'ailleurs un défaut assez fréquent dans la production coréenne de ces deux dernières années qui se repose trop sur ses lauriers décrépis et pourrissant.
Someone Special, 2004, Jin Jang
Décidément, celui-ci aussi j'en ai déjà parlé. Et c'est par là.
J'en profite donc pour attirer l'attention sur la sortie prochaine du nouveau film de Jin Jang (prévu pour le mois pour l'instant) dans lequel on retrouvera Shin Ha-Kyun (Guns and Talk, Sympathy for Mr. Vengeance, Save the Green Planet, My Brother) et Cha Seung-Won (Attack the Gas Station!, Jail Breakers, My Teacher, Mr. Kim) dans les rôles principaux.
Les affiches ici et là. Aucune idée du scénario. Ah les salauds, ils laisseront rien filtrer hein.
08 juillet 2005
Bilan Coréen - Part Three B : les biens mais pas top bis
La femme est l'avenir de l'homme, 2004, Hong Sang-Soo
Premièrement, je m'indigne contre le titre avec lequel je ne suis absolument pas d'accord : si l'homme a un avenir, il est plutôt à chercher du côté des ours qui, avec leur fourrure et leur force, ont la capacité de vivre dans un milieu hostile, chose utile après un holocauste nucléaire, alors que les femmes non. C'est dit. Ensuite, le film est décevant. Après une trilogie branlante mais remarquable et le formidable Turning Gate, Hong Sang-Soo extrémise sa démarche et propose une oeuvre au degré d'épure presque imbuvable. Ce n'est pas donné à tout le monde de faire du cinéma contemplatif sans que ça en devienne ennuyeux. Certes, l'utilisation du hors-champ et le travail sur le cadre sont magnifiques mais la volonté du réalisateur de déconstruire temporellement son film, de le parsemer de multiples trous narratif rend le tout un brin précieux et superficiel. Compliquant à outrance une intrigue qui n'en demandait pas tant (réflexion sur le jeu de la séduction, le sexe), Hong Sang-Soo s'embourbe. Restent 3 acteurs épatants de simplicité qui réussissent à rendre le film moins chiant qu'il ne l'est réellement. Et c'est déjà un exploit.
Mutt Boy, 2003, Kwak Kyung-Taek
Après 2 films commerciaux dont un des plus grands succès coréens de tous les temps (Friend), Kwak s'essaie à un cinéma plus intimiste mais néanmoins grand public. Jeong Wu-Seong (méconnaissable) incarne Cha Cheol-Min, un jeune homme plutôt simplet qui n'a jamais connu la présence d'une mère et qui vit donc seul avec son père, policier. Souvent au commissariat, les collègues de son père sont comme des oncles pour Cheol, ce qui lui vaut les moqueries et les insultes des jeunes du coin. Le ton du film est assez particulier, oscillant entre drame et comédie destabilisante (doit-on rire ou pas ?), et on peut regretter que le potentiel dramatique amorcée par la séquence du chien ne soit pas poussée plus loin vu l'impact émotionnel qu'elle a sur le spectateur (moi en l'occurence). Mutt Boy est sûrement inférieur à Champion, le meilleur film de Kwak, mais reste touchant de par sa sincérité évidente.
My Boss, My Hero, 2001, Yun Je-Gyun
On a là une comédie coréenne lambda avec son pitch de départ simple et con (un jeune leader de gang est obligé de retourner au lycée pour avoir son diplôme, ses supérieurs le jugeant trop stupide) prétexte à une enfilade de gag en rapport avec le sujet. C'est symptômatique d'une grande partie de la production commerciale nationale : on a pas une histoire bien écrite parsemée d'anecdotes pour la rendre plus attrayante, mais des anecdotes servant à coller entre elles les différentes scènes du film un peu à l'arrache. My Boss, My Hero s'en sort plutôt bien dans le genre même si la dernière demi-heure tombe dans le bordel le plus total (mais est-ce que les scénaristes savaient comment finir le film ?) avec une succession de bastons sans queue ni tête. De toute façon on s'en fout, le film respire la bonne humeur et permet de passer un bon moment.
My Little Bride, 2004, Kim Ho-Joon
Ohhhhhhhh, une CRC ! Ca faisait longtemps. On rappelle le principe : un homme, une femme (chabadabada), ils ne s'aiment pas, tous les opposent et à la fin ils s'emballent (hé oui, pas de sexe dans un film grand public, les coréens ne font pas l'amour, c'est sale), sans oublier LA variante selon le film (machin a un bec-de-lièvre, truc pue des pieds, bidule est le patron d'un syndicat russe embauché par la Corée du Nord pour propager un virus nommé "Komunysm" dans l'eau du réseau souterrain sud-coréen). Ici, la variante est la suivante : un vieil homme très malade fait part d'une promesse qu'il a faite à son vieux compagnon de bataille mort au combat : que leurs enfants se marient ; n'ayant eu chacun que des fils, la promesse passe une génération et tombe sur un étudiant de 25 ans et une lycéenne de 15 ans, qui n'ont d'autre choix que d'accepter le mariage pour remplir cette promesse faite par le grand-père... C'est mignoooooooooon ! Alors évidemment, ça plait ni au garçon, qui n'a pas que ça à faire de s'encombrer d'une gamine, ni à la fille, qui ne veut pas de ce type de responsabilités à son âge. Evidemment, à la fin il ne s'emballent pas, restons politiquement correct que diable, mais ils s'adorent (ahhhhhhhhhhhh). Et nous, on est tellement cons qu'on en redemande. Encore ! Encore !
My Teacher, Mr. Kim, 2003, Jang Gyu-Seong
Comme vous avez pu le remarquer, les producteurs coréens aiment les titres en "My" (My Wife is a Gangster; My Boss, My Hero; My Little Bride), ça permet aux spectateurs de se sentir impliqués. Ceci était une parenthèse mûrement réfléchie. De quoi ça cause ? On a un donc un professeur, Kim Bond-Du, devant choisir entre démissionner ou être muté dans une école de campagne. Il atterrit alors dans un minuscule village de montagne avec sa primaire comptant pas moins de 5 élèves ! Formidable. Bond (ancien agent secret du MI5), citadin lambda, égoïste, fourbe et calculateur, va tout faire pour retourner à Séoul. On peut différencier trois parties bien distinctes dans le film :
1 - la comédie pure à base de villennies en tout genre, de grimaces et de coups bas, puis
2 - le moment où Bond se rend compte qu'il aime ses élèves, c'est touchant et joli, puis
3 - la pathologie larmoyante exacerbée quand Bond apprend qu'il peut retourner à Séoul.
Cette dernière est affreuse, j'ai rarement vu aussi pathétique dans la tentative de faire pleurer. Et en plus....euh....non rien....pfffffff c'est les gonzesses qui chialent.....
Oh ! Brothers, 2003, Kim Hong-Hwa
Mix entre Rainman, pour le golden-boy égocentrique qui apprend l'existence soudaine d'un frère, et Jack, le frère vieillissant physiquement plus vite que la normale (à 10 ans il en parait 40), Oh ! Brothers est une comédie dramatique passée inaperçue lors de sa sortie. C'est plutôt dommage vu le nombre de qualités qu'elle possède. Lee Beom-Su et Lee Jeong-Jae sont impeccables et jouent pour beaucoup dans la réussite du film. A savoir qu'il s'agit du premier rôle "comique" de ce dernier, plutôt cantonné aux drames purs et aux romances plus ou moins indigestes. Comme d'habitude, les scénaristes parviennent à nous caser une histoire de gang pour ajouter LE côté polar qui va bien mais également cautionner certaines séquences d'actions. Une scène à retenir en particulier : quand le frère malade se déguise en Chucky, c'est à se plier en deux (une photo ici). L'évolution de la relation entre les deux frères est assez bien fichue, il fallait mieux, c'est quand même là dessus que repose le film.
Once Upon a Time in a Battlefield, 2003 Lee Joon-Ik
Nous sommes en 660. Un conseil de sages s'est réuni au milieu d'une forêt. Soudain, des insultent à base de bitch, motherfucker et asshole fusent. C'est quoi ce bordel ?
Véritable ovni dans la production coréenne, Hwansangbeol (le titre original) peut surprendre. Gros délire mélangeant film historique, Tex Avery, gags à la ZAZ, destabilise au premier abord. Tout n'est pas en osmose et pas mal de trucs tombent à l'eau, mais le fim est rempli à ras bord d'idées formidables qui nous permettent de lui pardonner ses erreurs. On a le droit à une brochette de séquences mémorables : le combat d'insultes et de gestes obscènes entre les deux camps (on se croirait dans Monkey Island), la partie d'échec à échelle humaine, la bataille finale. Bataille finale qui dépareille du reste d'Hwansangbeol puisque totalement premier degré, über-sérieuse et très violente. Le casting est constitué de stars nationales (Jeong Jin-Yeong, Park Joong-Hoon, Lee Moon-Shik, Ryu Seung-Su, Lee Won-Jong) qui se défoncent tous pour communiquer leur joie à être dans le film. Et ça marche plutôt bien.
06 juillet 2005
Bilan Coréen - Part Three A : les biens mais pas top
En dehors du fait que je sue comme un gros porc pour trouver l'accroche qui arrache tout du sol au plafond, il m'est assez difficile de me souvenir parfaitement des films dont je parle, les 3/4 ayant été visionnés une seule et unique fois, dans des conditions parfois hallucinantes de délabrement corporel (dont je tairai les détails mais je vous aurais raconté des histoires hilarantes à base d'asticots ainsi que d'odeur néfaste pour le trou de la couche d'ozone), et lors d'une époque que les moins de 20 ans ne doivent pas connaitre. Laaaaaaaaa bohèmeuuuuuuuuh, laaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa bohèmeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh...............
2009 : Lost Memorie, 2001, Lee Si-Myeong
Je tiens tout d'abord à signaler que le titre du film ne correspond pas à l'année de sa production. Auquel cas mon calendrier est à foutre à la poubelle. Le film se déroule dans un univers réaliste mais uchronique. En effet, suite à une tentative d'assassinat d'un officier japonais déjouée en 1909 (la réalité est tout autre puisque l'homme a été bel et bien tué cette année là), le cours de l'histoire est changé puisque le Japon devient un allié des Etat-Unis durant la seconde guerre mondiale et que le pays s'approprie la Corée. Jamais 2009 n'utilise cet argument scénaristique pour proposer une réflexion sur les interactions entre le Japon et la Corée du Sud. On est dans un film d'anticipation à tendance action basique et je ne m'en plains pas, loin s'en faut. Malgré tout, la tendance à verser dans l'utra-nationaliste primaire (presque raciste) gâche légèrement la vision du film. Mais ça, c'est habituel chez les coréens, impossible de parler de l'histoire de leur pays sans sombrer dans la vulgarité la plus crasse (sauf en de rares exceptions comme Memories of Murder ou Taekugki). Autre point noir : les ralentis omniprésent doublant quasiment la durée du film (non, je n'exagère jamais). Bonjour, je coupe une motte de beurre en slow-motion pour épater mes enfants qui n'en demandaient pas tant. Par contre, quand 2009 vire SF, ça surprend et ça fait bien plaisir.
Wacky Switch, 2004, Jeong Yeon-Won
Le buddy-movie coréen, autre grand classique national. Une sorte de CRC au masculin (mais sans romance, l'homosexualité dans un film commercial et grand public? Beurk, au pilori). On a donc ici un écrivain raté qui doit payer des dommages à un jeune homme qu'il a renversé; le boss d'un gang lui propose alors une forte somme d'argent pour écrire sa biographie. Celui-ci n'a pas le choix et va se retrouver mêlé à leurs affaire. Comme souvent en Corée, la comédie s'entrecroise avec le film de gangster. C'est inhérent à la culture nationale, les gangs faisant partie intégrante de la vie du pays. Souvent ridiculisés au cinéma, on ne peut pas vraiment dire qu'on est intimidé devant leur charisme. A Wacky Switch n'échappe donc pas à la règle et mixe vaudeville, gags lourds, tabassages en règles (même dans la pire comédie simplette et guillerette, on peut voir un mec se faire défoncer la tronche à coups de bite d'amarrage) et amitié virile. L'insertion d'un écrivain dans le schéma habituel permet ici de proposer des séquences qui aèrent le film puisque montrant les récits du personnage. Foncièrement sympathique.
Arahan, 2004, Ryu Seung-Wan
Je l'ai attendu ce film, oh que oui. Ryu Seung-Wan derrière la caméra (Die Bad; No Blood, No Tears), son frère devant, un trailer foutrement bien fichu, j'en bavais déjà. Alors forcément, je me suis choppé la grosse édition collector sous forme de manuscrit ancien s'ouvrant comme un coffre. Et à vrai dire, la déception a été à la hauteur de la beauté du packaging. Moi qui pensait avoir le droit à un quelque chose d'énorme, j'ai simplement assisté à du wu xia mixé à de la grosse farce bien grasse. Non pas qu'Arahan soit médiocre, loin de là, mais il y avait possibilité de faire LE film d'action asiatique de 2004. En l'état, on a un petit actioner comique (ou plutôt l'inverse en fait) qui ne va pas bouleverser grand chose. Les SFX sont au top, les acteurs également, le scénario moins et le final non plus. Heureusement, Ryu a l'air de s'être rattrapé avec Crying Fist qui reçoit des critiques plutôt positives au niveau international.
Au Revoir, UFO, 2004, Kim Jin-Min
Mais pourquoi diable un titre à moitié en Français ? Aucune idée et à vrai dire, on s'en fiche un peu. Malgré l'affiche qui peut prêter à contusion (parce que là-bas, des gens se battent pour l'avoir, si), Au Revoir, UFO (mais pourquoi diable un titre....ah non je l'ai déjà dit) n'est pas une CRC à proprement parler. Si romance il y a, cela reste secondaire. L'intérêt du film résidant dans la description de la vie d'un paisible quartier de la périphérie de Séoul. Un quartier habité par des personnages sympathiques, excentriques, que jamais le réalisateur ne regarde de haut et dont les destins sont liés. Lee Beom-Su incarne avec sa bonne humeur et son énergie habituelle un animateur radio amateur passionné d'ovnis, amateur car son véritable métier étant chauffeur de bus. C'est moins affriolant, j'en conviens. Et lui aussi d'ailleurs. Au Revoir, UFO est une des bonnes surprises de 2004 (une des seules ?), sincère, drôle, touchant. Même un jésuite mort y succomberait. Mais attention, on ne vit que deux fois.
H : Murmurs, 2002, Lee Jong-Hyuk
Totalement ancré dans la mouvance post-Seven, H verse souvent dans le glauque et le sordide. Et moi, j'adhère immédiatement. Malheureusement, ce n'est pas ça qui fait un film et Lee Jong-Hyul se perd assez souvent dans les méandres d'un scénario (un peu) tordu mais sauvé par le fait que la psychologie des personnages, et surtout de l'acteur principal jouant un inspecteur rongé par le doute, relègue la plupart du temps l'intrigue policière au second plan. Reste un tantinet de suspense crée par le fait qu'on soit devant quelque chose ressemblant à un whodunit. Et donc forcément, comme c'est la mode depuis 5/6 ans, il faut LE twist final qui surprend tout le monde même s'il est totalement incohérent et contredit la totalité du film (cf. Haute Tension). Apparait alors la bonne idée du film, le véritable sens du H avec le mot dont il est la première lettre qui s'inscrit sur l'écran lors du dernier plan. Le tueur était-il Horticulteur ? Va-t-il souvent chez l'Homéopathe pour se faire guérir de ses Hémorroïdes avec des crèmes à base d'Hormones de Hérissons Hermaphrodites au(x) sexe(s) Hypertrophiés et à l'habitation fonctionnant sur le principe de l'Hydroélectricité ? Je ne dirai rien en dehors du fait que la noirceur jusqu'au-boutiste qui s'en dégage est sublime.
Harbor Mokpo aka Gangster's Paradise, 2004, Kim Ji-Hun
Prétendument polar versé dans la comédie, Harbor Mokpo est finalement une grosse farce bien baveuse possédant les gags les plus lourds qu'il m'ait été donné de voir dans un film coréen, Dig or Die étant bien sûr hors-compétition. Et le pire, c'est que ça me fait rire. C'est ridicule, totalement grotesque, souvent pitoyable et on en redemande ! Sachez tout de même que l'histoire parle d'infiltration policière dans un gang notoire, de trafic de je ne sais plus quoi, de mecs plongeant les mains dans la chiasse la plus dégueulasse qui soit, d'attardés mentaux en jogging rouge se croyant invincibles et j'en passe... Consternant et jubilatoire. Dommage que, comme d'habitude, Harbor Mokpo change du tout au tout sur la fin pour devenir totalement sérieux (baston premier degré et amitié virile). Comme si les producteurs essayaient de se racheter à chaque fois une conscience.
If You Were Me, 2003
Initiée par la branche coréenne de l'Organisation des Droits de l'Homme, désireuse de faire réfléchir le public sur les nombreuses formes de discrimination encore présentes en Corée du Sud, cette compilation de six courts-métrages réunit des réalisateurs engagés tels que Park Chan-Wook, Lim Soon-Rye, Jeong Jae-Eun, Yeo Kyun-Dong, Park Jin-Pyo et Park Kwang-Soo. Chacun y a va de son pamphlet plut ou moins subtil mais à chaque fois efficace, les plus réussis étant The Man with the Affair, parlant d'un pédophile subissant la punition par la honte (un écriteau mentionnant ses actes est affiché sur sa porte dans l'immeuble où il vit, pratique courante en Corée et également en Belgique je crois bien) et Crossing, mi-fiction/mi-documentaire avec un handicapé mental jouant son propre rôle et relatant les difficultés qu'il traverse au jour le jour. Une véritable réussite qui devrait être visionnée par tous et toutes. Cela a beau se dérouler dans un pays en particulier, les thèmes sont universels.
04 juillet 2005
Bilan Coréen - Part Two : les regardables puis oubliables
100 Days with Mr. Arrogant, 2004, Shin Dong-Yeop
Et revoilà une CRC de plus ! Avec sa petite variante habituelle (ici on a une fille qui à cause d'un pari doit servir le bellâtre de service pendant .... 100 jours, bravo), son duo que tout oppose mais qui finalement va terminer ensemble, ses gags gros comme du ZAZ et ses sentiments exacerbés comme du Virginia C. Andrews. Etonnant non ? Alors bon, ça se laisse regarder tout en s'empiffrant de tranches de brioche tartinée de Nutella (c'est une proposition, rien ne vous empêche d'inventer vos propres recettes) puis on passe à autre chose. La toute dernière scène du film est toutefois bien trouvée et parodie légèrement le happy-end habituel.
Byeol, 2003, Jang Hyung-Ik
Ah, voilà un film avec une histoire qui sort assez de l'ordinaire pour intéresser un minimum le spectateur. Par rapport au reste de la production coréenne bien sûr.
Accusé à tort d'avoir renversé une fille en conduisant ivre, Yeong-Woo se voit proposé par son entreprise une mutation dans le coin le plus paumé possible; malgré le charme de la montagne qui le prend, il n'arrive pas à oublier Su-Yeon, une fille qui lui a posé un lapin le jour de son incident. Byeol se déroule donc la plupart du temps dans la petite station météo assez reculée où vit Yeong-Woo, incarné par Yu Oh-Sung, un des meilleurs acteurs coréens actuels (Beat, Attack the Gas Station!, Friend, Champion). C'est parfois joli, souvent ennuyeux mais la sincérité qui s'en dégage fait que l'on ne peut détester ce film. On peut cependant totalement s'en foutre. Et c'est mon cas.
Face, 2004, Yoo Sang-Gon
Des ossements sont retrouvés à divers endroits, ceci empêchant de découvrir leur point commun. Hyu-Min, reconstructeur de visage, est désigné pour donner un nom aux victimes à l´aide de leur crâne. Sa fille est hospitalisée à cause d´une transplantation cardiaque et en plus il y a des fantômes. Mais où va le monde ?
Ca démarre avec une scène gore où un mec encapuchonné (sûrement le grand méchant, ahah) sort chirurgicalement le coeur de la poitrine d´une jeune femme forte charmante ma foi. Du coup elle meurt, étonnant. On se dit, ouais bon, c´est un serial-killer, il va en tuer d´autre, et ils vont l'attraper et ils vont se bourrer la gueule à coups de thé à la myrtille. Que nenni. C'est beaucoup plus compliqué que ça.
Alors les fantômes...enfin LE fantôme...non LA fantôme. Au début j´ai pas vraiment compris ce que ça venait faire là. On a le droit aux habituelles tentatives de "spectators jumping" (en anglais ça donne bien), ouah elle apparait dans le miroir, argh une ombre, prout elle surgit de nulle part. Bon ça marche quand même, la preuve j´ai eu bien les boules tout seul dans mon grenier sombre et sordide. Ah oui, en fait à la fin j'ai toujours pas compris le pourquoi du comment.
La construction du film est inhabituelle, on a pas un meurtre puis enquête puis on attends le meurtre suivant parce que le film dure quand même 2h et re-enquête, etc... Non là tous les meurtres ont été commis avant. Autre intérêt, ça se passe dans le milieu hospitalier, ça arrive pas souvent donc ça se fête (hop champagne).
Ah et au fait mais qu'est-ce donc qu'un reconstructeur de visage ? Ben vous avez déjà dû en voir dans d´autres films, ce sont des gens qui, à l'aide d´un crâne, remodèlent la structure du visage avec de la glaise, et ce à fin d´identifier la personne concernée au cas où elle veuille récupérer son crâne. Ca aussi ça change un peu du flic en imperméable ou du gars casse-cou qui saute partout style j'ai des trampolines dans les talons et en plus il cartonne avec les filles ça m'énerve.
Ceci était une critique sans queue ni tête que j'ai retrouvé il y a peu de temps. Enfin tout ça pour dire que Face divertit plutôt bien mais fait peine à voir comparé à H ou R-Point (pour prendre un polar et un film de fantôme).
Iron Palm, 2002, Yuk Sang-Hyo
Ce qui est bien avec les affiches coréennes, c'est qu'elles possèdent parfois un ridicule totalement assumé tout en restant un minimum esthétique (enfin ça c'est subjectif). On a Iron Palm, jeune coréen ayant abandonné son nom d'origine pour retrouver sa petite amie à Los Angeles. Son seul ami : un autocuiseur. Magnifique, je veux bien être payé pour écrire des pitchs comme ça. Le pire, c'est que c'est moins con que 80% des comédies populaires françaises sorties ces dernières années. Pourquoi Iron Palm ? Ben tout simplement parce qu'à force de mettre ses mains dans son autocuiseur, le perso principal a développé une certaine résistance au niveau des paumes. Je vous avais bien dit que c'était formidable. Une scène à retenir : le mariage à Las Vegas avec un curé fringué en Elvis. Le seul fou rire du film en fait.
Jail Breakers (No. 815), 2002, Kim Sang-Jin
J'attendais quand même mieux du réalisateur d'Attack the Gas Station. C'est quand même LE film qui a bouleversé l'industrie cinématographique sud-coréenne et influencé un paquet de comédies sorties ultérieurement. Jail Breakers est une succession répétitive d'engueulades entre deux évadés (on se croirait presque dans Bad Boys, ça fait peur) qui finalement décident de réintégrer la prison après avoir appris qu'ils faisaient parti des prisonniers amnistiés lors de la fête nationale. Ca a l'air sympa et drôle comme ça mais en fait c'est plutôt saoûlant car jamais le flm ne sait où il va. Les gags foirent la plupart du temps mais la bonne humeur des 2 acteurs principaux, Seol Gyeong-Gu (l'acteur coréen le plus important de sa génération : Peppermint Candy, Public Enemy, Oasis, Ridikozan) et Cha Seung-Won (que j'aime beaucoup : Attack the Gas Station!, Ghost House), est contagieuse et m'a empêché de totalement décrocher.
Spirit of Jeet Keun Do: Once Upon a Time in High School, 2003, Yoo Ha 
Alors c'est ça le troisième plus gros succès au box-office en 2004 ? En France, on sait très bien que cela n'a rien à voir avec la qualité d'un film (Besson anyone ?) mais en Corée du Sud, je n'ai jusqu'à maintenant jamais été déçu par les oeuvres se situant en haut du classement des spectateurs. Grâce à Jeet Keun Do, maintenant si. D'une banalité affligeante, le film se veut le témoin d'une époque (la fin des 70's en l'ocurrence) selon le point de vue de lycéens (ouhlala, original, merci Friend) et en utilisant Bruce Lee comme catalyseur de tous les enjeux du film. Autant dire que c'est complètement loupé et qu'on se retrouve tout simplement avec une romance à deux balles agrémentée de deux combats bien fichus. 2 ! Alors que Jeet Keun Do avait été vendu là-dessus (ouais, back to old school mon cul), c'est un peu se foutre de la gueule du monde. Ma grosse déception de 2004.
Spin Kick, 2004, Nam Sang-guk
Sorte de remake coréen de Best of the Best avec l'inénarrable Eric Roberts version Taekwondo. Schéma ultra-classique avec le championnat final, la grosse compétition avec tous les clubs du coin. On sait tout de suite à quoi s'attendre et si on est pas trop exigeant, ben Spin Kick reste tout à fait potable. Sans prétention aucune, le film vise juste à redorer le blason de cet art martial national. Apparemment, c'est plutôt raté vu que Spin Kick a fait un gros flop (70 000 spectateurs). J'ajouterai uniquement une chose sans donner véritablement mon avis puisque vous devez savoir ce qu'il en est : CTV doit le sortir en DVD à la fin de l'année. Bon, je le fais quand même : putain mais ils ont quoi dans la tête ?!
Spy Girl, 2004, Park Han-Joon
On a commencé par une CRC, on terminera par une CRC. Cette fois, la fille travaille pour le gouvernement nord-coréen et a pour couverture un emploi de serveuse dans un fast-food (ils ont vraiment de la suite dans les idée à Pyongyang), lui est étudiant et va partir faire son service dans l'armée sud-coréenne le long de la frontière. Une subtile réflexion sur le conflit nord/sud ? Mouahahahah ! Et Alone in the Dark c'est une métaphore sur la transexualité chez les créatures visqueuses de 3m20 (ah merde, en fait c'est bien possible). Une seule chose à retenir et qui fait tout l'attrait du film : Kim Jeong-Hwa. Pour son jeu d'actrice formidable ? Euh...oui oui, c'est tout à fait ça...
Bilan Coréen - Part One : les insignifiants et/ou ridicules
Cela va consister en de micro-avis sur les films sud-coréen que j'ai pu voir. Ce premier chapitre va regrouper des "oeuvres" dont la médiocrité dépasse l'entendement. Et si vous pensez le contraire, n'écoutez pas ces gens qui disent qu'on vit en démocratie : fermez-la.
Dig or Die, 2002, Ko Eun-Gi
Le sommet de ma liste (dont je parle en premier en plus grâce à cette terrible invention qu'est l'ordre alphabétique, formidable !), quelque chose que même un esprit dément n'aurait pas pu imaginer. De toute façon c'est bien simple, qui dit affiche coréenne horrible, dit film qui aurait dû rester à l'état d'idée (et quelle idée : 2 familles de cambrioleurs se disputent la distinction d'être la meilleure. Ohlala, ça va être rigolo tout plein). Ca partait pourtant bien pendant les 10 premières minutes : mise en scène stylé, acteurs cools et puis après c'est la catastrophe. Décor quasi-unique durant le reste du film sans que ce soit un huis-clos, juste un budget lamentable. C'est aussi à ça que l'on reconnait les gens doués, ils sont capables de se débrouiller avec le peu qu'on leur donne. Ah oui, le film est censé être une comédie. Sachant qu'il aligne les gags (si on peut appeller ça comme ça) pathétiques, le jeu des acteurs à base de grimaces (ahah, hilarant) et qu'on est dans la farce bien grasse mais mal fichue, on est donc bien loin du film comique annoncé. Si Jean-Marie Poiré était coréen, ça donnerait Dig or Die. Un non-film dans toute sa splendeur car non-écrit, non-réalisé, non-joué et non-pensé. Une purge.
He Was Cool, 2004, Lee Hwan-Kyeong
LE film qui m'a dégoûté des comédies romantiques coréennes. Un véritable rip-off de tout ce qui a été fait avant. Tout le début repompe allégremment les idées des "classiques" du genre (entendre par là des films datant des 2/3 années précédentes) : textes et dessins incrustées sur l'image (SMS quand les persos s'écrivent, pensées,...), écarts mangakesques (larmes, position comique quand quelqu'un tombe par terre,...) engendrant un gros côté foire du trône vu que c'est non-stop pendant 20 minutes, alors forcément on sature. Et là, d'un coup virage à 180° et drame tragique avec relation ambigûe (non là je déconne) à l'horizon. Comme tous les films du style donc. Sauf que dans ceux-ci, ça intervenait à un quart d'heure de la fin et non pas du début, trop c'est trop, j'ai fini par défoncer mon écran à coups de pied de biche (je garde les trois autres pour le dîner). Depuis, je ne crois pas avoir regardé à nouveau de CRC (retenez cet acronyme, ça évitera que je me fatigue à écrire le terme complet à chaque fois), mon masochisme ayant tout de même des limites qu'il ne serait pas convenable de dépasser.
Mr. Butterfly, 2003, Lee Jong-Won
Mélange imbuvable de romance, d'aventure, de polar et de film de prison, Mr. Butterfly aurait pourtant pu donner un grand film. En l'état, ça reste une grosse daube. Quelque soit le genre cité auparavant, la mise en scène est la même, aucune prise de risque, aucun souffle épique, aucun suspense, aucune envie de savoir ce que vont devenir les personnages. En fait, je ne me souviens absolument pas de l'histoire du film, quelques bribes peut-être, une évasion usant d'effets pyrotechniques, des gars qui rampent dans la boue, euh.....voilà, c'est tout. Seul point positif, la présence de la sublime Kim Jeong-Eun (Spring Breeze, grand moment d'humour made in Corée).
My Tutor Friend, 2003, Kim Kyeong-Hyeong
Soit-disant une des meilleurs CRC de ces dernières années (ce qui en gros signifie : calque de My Sassy Girl avec variante). Hé ben hé ben, moi j'ai trouvé ça ultra-chiant et moudugenou, tellement que j'ai dû le regarder en 5/6 fois. On a donc d'un côté la gentille fille, sérieuse, étudiante modèle et de l'autre le cancre rebelle qui galère au lycée. Celle-ci doit lui donner des cours pour l'aider. Au début : "ce mec est un abruti/cette fille est moche et conne". A la fin : "On s'aime, on est fait pour s'entendre". The End. Vous seriez gentils de pas prendre les gens pour des cons. Enfin bon, moi je dis ça mais la plupart du temps, ce scénario inhérent aux CRC en général ne me dérangent pas outre-mesure. Mais là si. Allez comprendre...
My Wife is a Gangster, 2001, Cho Jin-Gyu
A nouveau une référence mais au niveau comédie cette fois. Alors soit je tente de détester ce que tout le monde aime pour me démarquer (c'est un peu vrai mais chut), soit ils ont tous des goûts de chiotte et que St-Marc (patron des carrelages luisants) les protège. Non mais franchement, qu'est-ce qu'on peut trouver de bien dans ce film lourdaud et chiant ? Et en plus, Gaumont ose nous sortir cette merde en DVD dans sa collection Asian Premiums. PREMIUMS ! Ainsi que le second épisode qui est encore plus merdique et inutile. Mais réveillez-vous ! Il y a quand même mieux à distribuer non ? Pendant ce temps, la filmographie de grands cinéastes comme Sabu ou Sogo Ishii reste introuvable en France (en dehors d'un Postman Blues dans une édition dégueulasse de chez Canal + pour le premier et Gojoe chez Wild Side pour le second avec une jaquette affreuse; fabuleux...).
Shiri, 1999, Kang Je-Gyu
Mon avis ne reflète sûrement pas les nombreuses qualités de Shiri. L'ayant visionné dans des conditions quelque peu insalubres (VF, camarade de chambrée avec qui je faisais tout, mais pas n'importe quoi hein, sauf regarder le film) et étant le premier film coréen que j'ai vu de toute ma vie, la subjectivité dont je fais preuve à son égard est peut-être pas mérité. Mais ne l'ayant pas revu depuis, il reste tel qu'il est dans mon esprit, c'est-à-dire : long, chiant, bourré de clichés, et manquant énormément d'action pour un film classé dans cette catégorie. Digne d'un direct-to-video à base de ninja US. Pourtant, avec Choi Min-Sik et Song Kang-Ho dans les drôles principaux, on est souvent sûr d'avoir à faire à quelque chose de qualité. Alors je ne vais pas trop descendre Shiri et attendre de le regarder à nouveau et dans des conditions optimales. Surtout que j'ai adoré Taekugki du même réalisateur. Cet avis ne sert donc strictement à rien. Bravo à moi.
The Last Witness, 2001, Bae Chang-Ho
Polar à tendance historico-réaliste, The Last Witness ne marque pas vraiment l'esprit. Il convient parfaitement à la catégorie des insignifiants, 1 heure après l'avoir vu, il n'en restait rien dans mon esprit sauf une grande trace d'ennui. La question est : 2 lignes sont-elles suffisantes pour donnes son avis sur un film ? Oui, surtout quand on ne sait absolument pas quoi dire et que l'on ne se rappelle de rien à propos du film sus-cité. Une fois de plus, ma flemme légendaire a frappé.
The Wolf Returns, 2004, Koo Ja-Hong
Je dois bien avouer que ce qui m'a fait regarder ce film est surtout la présence de Yang Dong-Geun que j'avais adoré dans Bet on my Disco et Wild Card. J'ai vite déchanté en m'apercevant que j'étais en présence d'une pâle copie de Cops (film suédois de Josef Fares produit l'année précédente). 2004 est une terrible année pour le cinéma Coréen : peu de films intéressants et qui sortent du lot, une industrie qui s'est trop reposée sur ses lauriers et qui tourne à présent en rond. Mon enthousiasme a énormément dépéri, moi qui en bouffait à la chaine, j'ai complètement freiné là-dessus. Heureusement, 2005 est une meilleure cuvée : Another Public Enemy, Marathon, The President's Last Bang, A Bittersweet Life, Crying Fist, Blood Rain, Antarctic Journal; sans parler des films que j'attend avec impatience : Sympathy for Lady Vengeance bien sûr mais aussi Soldiers of Heaven, Welcome to Dongmakgol, The Host, le nouveau Jong Jin (Guns & Talk) encore sans titre ou encore Mr. Socrates. En espérant que 2004 était seulement un petit relâchement et pas une idée de ce que à quoi pourrait ressembler le cinéma sud-coréen dans les années à venir.
Tube, 2003, Baek Woon-Hak
M. Dionnet, vous baissez dans mon estime quand vous osez comparer cette infâme sous-sous-merde à du McT. Tube est un ersatz de Speed sans âme et sans intérêt, totalement dénué de suspense et d'émotions. Les otages ? Mais qu'ils crèvent ! Le métro ? Ben qu'il se crashe, on s'en fout. Le héros ? Quel héros ? Bae Doo-Na ? On se demande encore ce qu'elle est venue foutre dans cette galère. Non décidément, rien à sauver. Une fois de plus, je reste dubitatif devant le choix d'Asian Stars d'avoir sorti ce film dans sa collection.
20 juin 2005
Someone Special, 2004, JIN Jang, Corée du Sud
Synopsis :
Chi-Sung est gravement malade et n'a plus que deux mois à vivre. En noyant sa tristesse dans l'alcool, il fait la rencontre d'une charmante jeune fille néanmoins un peu collante.
Et si le suicide était la meilleure solution à ça ?
Et si seulement il pouvait connaitre l'amour avant de mourir ? Et si en fait il n'était pas malade du tout et que le médecin s'était gouré de fiche ?
J'avais bien aimé Guns & Talks du même réalisateur. On retrouve d'ailleurs dans ce film le même type d'humour plutôt destabilisant. On ne sait jamais quand il faut rire et quand il faut pleurer. Et c'est ce qui fait sa force.
Someone Special n'est pas une comédie. Someone Special n'est pas un film romantique. Someone Special n'est pas un film burlesque ni un film policier. En fait c'est un peu de tout ça mixé et retravaillé de telle façon qu'on ne sait pas vraiment ce à quoi on a affaire. A chaque fois que le film aborde un des genres pré-cités, hop un évènement casse l'action et on se retrouve avec quelque chose de totalement différent. Du coup on ne peut jamais deviner ce qui va se passer. Ca a ses avantages et ses inconvénients et ça peut lasser au bout d'un moment mais moi j'adore.
On passe d'une rupture hilarante en jump-cut à un braquage de banque, d'une femme se suicidant en se jetant sur la route (on la voit voler ensuite au ralenti) à un match de baseball. C'est varié, c'est frais, achetez mon poisson achetez... mais non je me goure. Il y a même des moments surréalistes avec métaphores à grands coups d'éclairs électriques. Génial non ?
Non ?
Ok.
Someone Special fait partie des rares films coréens intéressants sortis en 2004 (avec Taegukgi, R-Point, Ghost House et The President's Barber. Sur 75 films, c'est pas énorme). Et apparemment ça va pas en s'arrangeant. Le peu que j'ai vu de ceux produits en 2005 m'alarme beaucoup. Ca tourne en rond, ça se renouvelle pas des masses, ça joue la facilité. Mince les mecs, si je vous ai porté sur un pied d'estale c'est pas pour qu'on en arrive là. Du nerf !





