01 juillet 2005

Whisky Romeo Zulu, 2004, Enrique Piñeyro, Argentine

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Synopsis :
Romeo, né à Stockholm de parents Péruviens, est voleur de pousse-pousse à la tire. Alors qu'il commet un nouveau méfait devant l'ambassade d'un pays lointain, la malchance le fait tomber sur un pousse-pousse piégé. Soufflé par l'explosion, il atterrit dans une usine désaffecté ou il découvre une distillerie de whisky abandonnée par les Templiers pendant la Guerre du Golfe. Là, il entend chantonner un SDF. Son nom est Serguei, il est Irlandais et a fait carrière au music-hall où il reprenait des standards latinos avec l'accent allemand ("ach, paila paila la Pampa"). Sans le sou, ils décident tous les deux de refourguer tout cet alcool clandestinement dans les mines de diamant en Afrique du Sud. C'est sans compter sur Super Zoulou qui va tout faire pour les en empêcher.
Ceci était la première version du script qui a été remanié car refusé par les producteurs qui la jugeait trop politiquement engagée. Voilà donc la seconde version :
Norbert, zoulou d'origine bretonne, lance le commerce de la crêpe au cidre au milieu de la savane. Désespéré par le peu de bénéfices qu'il engrange, il décide d'acheter des actions de Clan Campbell à la bourse de New-York.
Seconde version également rejetée pour cause cette fois-ci de procès avec la marque de whisky. Désemparé par tant d'incompréhension, le réalisateur décide lui-même d'écrire le scénario. Par coincidence, le titre du film correspond au nom de code d'un avion s'étant crashé en 1999. L'affaire avait fait un grand tapage à l'époque en Argentine, mettant en cause la compagnie elle-même. Le film se propose de suivre ce qui a précédé l'incident selon le point de vue d'un des pilotes de cette compagnie.

Démarrant par un montage alterné en partie en vue subjective, le film tente d'impliquer le spectateur afin que naisse une certaine complicité et un brin de sympathie, comme pour le fabuleux plan final d'Escape from Los Angeles de John Carpenter, quand Snake regarde la caméra et nous propose une cigarette. Enrique Piñeyro, qui incarne également T., le pilote bourré de remords se révoltant contre les méthodes odieuses de la compagnie dont il fait partie, mêle pour ce premier film en tant que réalisateur romance, film social et suspense. Tout ce qui concerne la relation amoureuse donne un peu l'impression d'avoir été rajouté au dernier moment mais reste obligatoire pour que l'intrigue générale aboutisse, ce n'est pas désagréable mais ça détonne tout de même un peu par rapport au reste. Ce reste étant plutôt sérieux bien que parfois traversé par une petite touche d'humour jamais déplacée.
T. (dont on ne saura jamais le nom) est donc un pilote dégoûté par la mentalité de sa compagnie privilégiant le profit plutôt que la sécurité. Les vols se font sur des appareils défectueux, les techniciens "oublient" parfois de placer des extincteurs ou des gilets de sauvetage ("perte d'argent") et les pilotes n'ont qu'à acquiescer et se taire pour ne pas se faire renvoyer. A tout moment, un avion est prêt à s'écraser, on pourrait presque qualifier les pilotes de kamikazes puisqu'au courant des risquent qu'ils prennent. Mais T. ne l'entend pas de cette oreille (de l'autre non plus) : il refuse fréquemment de décoller à cause de flaps manquant (euh....oui), d'horizons en panne (tout à fait) et de rack7 bis W flip flop en pénurie de viandox (ou était-ce une vis rouillée, je ne sais plus trop, j'éviterai désormais d'inhaler des vapeurs d'éther avant d'aller au ciné, c'est un pêché mignon assez contraignant) et rédige quantités de rapports, inutiles puisque mis de côté par la direction. Son comportement anarchiste va mettre à mal toutes les relations qu'il entretient, que ce soit au niveau amical ou sentimental (familial, il n'en a aucunes, pas d'attache. Non, trombone non plus). A la façon de 21 Grammes, le film mélange le passé (comment on en est arrivé à l'accident) et le présent (l'enquête, les menaces subies par l'inspecteur) sans jamais en faire mention. Ca reste cependant plus linéaire, clair et limpide que dans le film d'Inarritu, le but n'étant pas de perdre le spectateur dans un maelström de sous-intrigues reliées entre elles. Whisky Romeo Zulu se conclue par des vidéos d'archives montrant les conséquences de l'explosion. Histoire de montrer qu'on est pas là pour rigoler. Et en effet ça marche. On rigole pas quoi.
On ne peut rester insensible à toute cette galerie d'enfoirés (oui là je m'énerve) et d'hypocrites que constitue les personnes haut-placées de la compagnie aérienne LAPA (au début appelée LAMA mais un P fut mis à la place du M après que le comité des Lamas Argentins ait déposé une plainte pour de misérables problèmes de droit. Et oui, on a beau brouter de l'herbe et vivre en haute-montagne, on en reste pas moins implacable). A plusieurs reprises j'avais envie d'en chopper un par le col et lui arracher les deux yeux, étant mal placé, je n'en ai malheureusement pas eu l'occasion. Le générique de fin en rajoute encore une couche pour bien montrer que ce sont des gentils pas beaux en mélangeant documents d'archives (à nouveaux) réels et fictifs : des interviews des dirigeants, de T... Forcément manichéen mais totalement obligatoire pour faire comprendre à quel point ces salauds se foutent bien du prix de la vie humaine.

Le cinéma argentin a de beaux jours devant lui. Oui, cette phrase est d'une banalité affligeante, même moi je la renie, mais son utilité est de montrer que le film possède énormément de qualités et qu'il serait dommage de passer à côté sous prétexte qu'il vient d'un pays pauvre, moche et con (est-il sérieux ou pas là ? Mince, j'en pisse dans mon caleçon Auchan en papier journal recyclé parfumé à la violette).

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Posté par dirty_flichty à 20:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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