Shoot and Kill

A History of Violence

22 octobre 2005

Les Frères Grimm (Brother's Grimm), 2005, Terry Gilliam, USA

grimm
- Payez nous cash, frais compris, nous ne mettrons rien de notre poche.
- En effet, car le Grimm ne paie pas.                                                         
- Ahahahahahahahahahah.                                                                     
- Ahahahahahahahahhaha.                                                                        

Synopsis :
A remplir soi-même.

C'est de pire en pire, non seulement les mises à jour se font rares (on me dit qu'elles se préparent à émigrer dans les régions chaudes, ceci expliquant cela) mais en plus je vais tenter un nouveau concept me permettant de pousser encore plus loin une notion qui m'est chère : la paresse. En gros, le film est sympa (et très loin d'être la purge annoncée), sans plus, alors j'ai pas envie de m'embêter à rédiger un pavé pour tout et rien dire, sachant que généralement le tout est rempli de rien. Vous allez voir, c'est trop le fun.

Je suis allé voir Brother's Grimm :
a) Parce que j'admire le cinéma de Terry Gilliam et que je veux m'émerveiller devant son nouveau chef-d'oeuvre.
b) Parce que j'admire le cinéma de Terry Gilliam et que je veux voir de mes propres yeux à quel point il s'est planté.
c) Parce que j'ai une carte illimité et que je vais tout voir, c'est trop trop cool, youpi yeah.

Par rapport à la filmographie de Terry Gilliam :
a) C'est le haut du panier.
b) C'est mieux que Fisher King mais de peu.
c) C'est le trou dans la chaussette.

Le scénario du film :
a)
Est vraiment mal branlé, on voit qu'il a été remanié à de nombreuses reprises occasionnant des chutes de rythme.
b) Drôlement astucieux dis donc.
c) On s'en fout, on est venu pour les belles gueules de Ledger et Damon.

En parlant de Damon et Ledger :
a) Les deux sont cools mais Matt Damon est vraiment impayable.
b) Damon arrache tout et Ledger est transparent.
c) On s'en fout on est venu pour la belle gueule à Bellucci.

En parlant de Monica Bellucci :
a)
Elle est toujours aussi naze
b) Elle sert à rien.
c) On s'en fout on est venu pour s'en prendre plein la tronche. (Je lui laisse pas beaucoup de chance, c'est mal)

En parlant de s'en prendre plein la tronche (Tudieu ! Ma maîtrise des transitions est parfaite) :
a) Les SFX sont loupés de chez loupés mais les décors réels rattrapent ça avec une forêt vraiment magique.
b) Non ben ça va, j'y connais rien de toute façon.
c) On s'en fout on est venu pour dormir.

En parlant de dormir :
a) Toujours sur le dos moi merci.
b) Avec un bonnet de nuit.
c) Tout nu.

Jonathan Pryce et Peter Stormare :
a) Surjouent Gilliamement bien, c'est absolument jubilatoire. Et encore plus de voir Pryce dans un rôle inverse à celui de Brazil.
b) Donnent mal à la tête avec leur exhubérance et leurs mimiques ridicules.
c) Vont souvent manger des tacos ensemble.

Intégrer les frères Grimm dans leurs propres contes :
a)
Est une fausse bonne idée.
b) Est plutôt ingénieux mais le film ne va pas au bout de ses idées.
c) Je m'en fous, j'ai une carte illimitée alors si c'est nul je sors avant la fin. (Ne pas y voir une quelconque diatribe, merci)

Les Frères Weinstein :
a) Doivent être brûlés en place publique.
b) Doivent être lapidés en place publique.
c) Doivent être pendus en place publique.

J'attends :
a) Tideland, le prochain film de ce cher Terry, avec une grande impatience.
b) Le train.
c) L'ouverture du cinéma, je suis resté bloqué à l'intérieur, help.

Cette "critique" :
a) Est formidable, l'auteur devrait se faire embaucher chez Télé Poche.
b) Plonge ce blog dans une abîme encore plus profonde que celle où il se trouvait déjà.
c) On s'en fout, on a cliqué par hasard.

Ma plus grande remarque concernera le fait qu'en 2005, les gens s'en foutent beaucoup.

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22 août 2005

The Island, 2005, Michael Bay, USA

island

Synopsis :
Ben matez le trailer.

On va croire que je suis maniaque à propose de ça mais c'est vraiment de pire en pire. Maintenant, on fait des trailers détruisant tous les enjeux que pose le film, la classe non ?
The Island
(30 secondes plus tard)
"But there is no island !"
Ils appellent le film L'île et on te dit dans la bande-annonce que non y a pas d'île, ce sont des foutaises, vous êtes tous des clones qui vous faites entuber comme de grosses palourdes bien juteuses. Mais on se fout de notre gueule ! Bon, heureusement que le film est pas totalement basé là-dessus, ça aurait été marrant si ça avait été le twist final :
- Ahah ! Il n'y a pas d'île ! Ahah!
- Oui on sait.
- Ahah ! Merde. Ahah !

Après un Bad Boys 2 surréaliste, une sorte de thèse de ce qu'est Michael Bay avec ses outrances jouissives, sa vulgarité choquante (sexisme, homophobie, racisme) et sa perfection totale vis-à-vis d'un cinéma radicalement décomplexé (en gros : j'adore), Filter Man nous l'avait juré : je voudrais faire un film plus calme, plus réfléchi, sortir du carcan de bourrin californien dans lequel on m'a collé. J'étais d'abord assez perplexe, pour moi Bay = torgnolles dans ta gueule, pneus qui crissent et pyrotechnie aggravée, mais en voyant le film, on s'aperçoit vite qu'il n'a pas abandonné ses bonnes vieilles habitudes tout en arborant quand même un nouveau visage. La première heure est symptômatique de ce changement : calme, posée, des plans de plus de 5 secondes. Mais où est l'homme qui nous balançait des cadavres à la gueule de voitures roulant à toute blinde ? Cependant, sa patte est aisément reconnaissable au niveau des sublimes cadrages ciselés et millimétrés. Niveau scénario, c'est plutôt du tout bon, de la SF comme j'aime aux décors froids et futuristes, à la technologie avancée mais pas irréaliste, avec des personnages se posant des questions sur leur véritable nature. Ewan McGregor et Scarlet Johansson étaient des choix plutôt curieux pour les rôles principaux d'un tel blockbuster, ce sont loin d'être des acteurs bankable, mais si à la fin d'un film on se dit qu'on aurait vu personne d'autre à la place, c'est que l'idée était judicieuse. Ici, c'est le cas. Et puis de toute façon, elle jouerait comme un pied la Scarlet que je lui en voudrait pas jolie comme elle est.
Arrive alors la seconde moitié du film et le naturel reprend le dessus. Contre-plongées sur des mecs sortant de véhicules, filtres jaune/vert/bleu, caméra parkinsonienne (mais pas de façon chiante), montage ultra-cut (mais pas illisible), destruction massive, Michael Bay est un fidèle artisan à la solde du Dieu entertainment et il le montre avec talent (il suffit de voir la façon quasi-mythologique avec laquelle est montré à chacune de ses apparitions le personnage joué par Djimoun Hounssou). Voir des voitures faire de véritables chorégraphies aériennes après s'être reçu des essieux de train (farpaitement) dans la tronche est formidable. Et oui, il y a des gens à qui ça plait de voir des charges métalliques de 150 kilos couper des 4x4 en deux. Ces mêmes gens aiment aussi voir des mecs se faire tuer la main au pistolet lance-clou ou défoncer la carotide à coup de harpon. Il est aussi fort possible que je me situe dans cette catégorie. La thérapie sera pour plus tard. En plus de tout ça, le film se permet même une, légère, réflexion sur le clonage. Réflexion plutôt intelligente s'il en est. Enfin, pour ce qui est du placement des pubs dont on a tant entendu parler, je dois dire que ça ne m'a pas dérangé outre-mesure. Oui, c'est flagrant à certains moments. Non, je ne cautionne pas ça. Mais Hollywood et le monde publicitaire ont toujours été intimement lié, ce n'est qu'une évolution dans cette démarche peu scrupuleuse mais qui rapporte.
Assurément LE blockbuster estival 2005, The Island remplit son cahier des charges voire un peu plus.

Trailer

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10 juillet 2005

La Guerre des Mondes (War of the Worlds), 2005, Steven Spielberg, USA

wotw

Synopsis :
Bon, tout le monde connait un tantinet l'histoire je pense. Sinon : les E.T. débarquent sur Terre et ils sont moins jouasses que dans Rencontre du 3ème Type.

Je commencerai par ces simples mots qui mis bout à bout reflètent tout à fait mes sentiments vis-à-vis de la Guerre des Mondes : IT'S FUCKIN' GREAT ! Spielby nous pond le film qu'on attendait plus de lui. Après deux oeuvres légères et mélancoliques (pas forcément optimistes), on a ici le film de dark SF ultime. Tout simplement. Hommage aux séries B d'antan au premier abord, métaphore sur l'Amérique post-11 septembre ensuite mais surtout analyse de la cellule familiale en temps de crise. Car qu'on ne s'y trompe pas, c'est là-dessus avant tout qu'est basé WOTW, sur cette famille décomposée : le père (Tom Cruise) connait mal ses enfants, est presque détesté par son fils, et va pourtant devoir se rapprocher pour se sortir de l'apocalypse qui s'abat alors sur Terre. Pas d'inquiétude, on aura quand même le droit à notre quota de destruction massive.
L'intégralité du film est ancré uniquement du point de vue de cette famille en crise. Les personnes qu'ils "rencontrent "sont des passants, des étrangers. Chose extrêmement rare dans un film de ce genre où on a d'habitude le droit à un montage alterné permettant des points de vue multiples du drame. Les évènements qui surviennent ailleurs leurs sont inconnus donc à nous aussi. Nous découvrons tout en même temps qu'eux, d'où l'effroi qui se crée par cette situation ainsi que l'attachement qui nait presque obligatoirement. Le pari est osé, audacieux et fait partie des nombreux détails qui font que WOTW n'est pas un bête blockbuster estival. Incroyablement sombre et pessimiste, le film se permet des séquences stupéfiantes dont j'aurais cru Spielberg incapable il y a encore 2 ans. L'apparition du premier tripode est tout bonnement mon plus gros plaisir de salle de cinéma depuis 5 ans minimum : la mâchoire décrochée pendant 10 minutes, les larmes aux yeux et le sentiment d'être face à quelque chose de grandiose. Pourtant, ce qu'on voit est absolument horrible, l'attaque du tripode est le massacre qui en découle est un grand moment de violence froide et sèche. Filmée en plan-séquence s'il-vous-plait. C'est là qu'on voit que Spielberg n'est pas n'importe quel tâcheron s'évertuant à rendre spectaculaire une scène en multipliant les angles alors qu'il ne fait qu'en affadir la portée. Il suffit de regarder la fuite en voiture des trois membres de la famille : un long plan-séquence de 2 minutes tournoyant autour (et dedans !) de la voiture pendant qu'elle roule sur une autoroute bondée pour signifier le chaos qui découle de la séquence précédente, de l'incompréhension totales des enfants face aux évènements qui les submergent. Formellement et émotionnellement fabuleux.
Autre point positif du point de vue unique : l'absence des scènes quasiment obligatoire à tout film catastrophe qui se respecte. Pas de réunions d'un quelconque conseil gouvernemental (on ne sait jamais les décisions qui ont été prises), pas de plan ridicule visant à éliminer l'ennemi. Les seules apparitions des militaires se résument à empêcher la foule de paniquer et crever comme des merdes au sommet d'une colline. Car il s'agit bien de cela : l'impuissance totale de la race humaine devant une attaque à grande échelle. Le rapprochement avec de quelconques évènements actuels sont bien évidemment pas du tout fortuits. De même que le père qui refuse de laisser son fils partir se battre fait évidemment référence à l'interventionnisme américain. Mais je ne voudrais pas trop politiser mon discours, le fond est ce qu'il est. On remarquera aussi les diverses allusions à une chose qui tient tant à coeur à Spielberg : l'Holocauste. Les humains qui meurent par les lasers E.T. en laissant uniquement des cendres, le train apocalyptique en flamme (tout bonnement magnifique), la "pluie" de vêtements (que l'on retrouve aussi dans La Liste de Schindler, Spielberg aime à réutiliser des idées de ses propres films, on peut également le voir à la fin de WOTW avec le serpent métallique caméra qu'on peut rapprocher à la séquence de la cuisine de Jurassic Park où à celle des robots-espions de Minority Report). On signalera également que pour la première fois depuis longtemps, la musique de John Williams se fait quasiment oublier et est absente des scènes les plus spectaculaires pour accentuer leur réalisme.
Le film se voulant un minimum intimiste, il fallait que le casting soit impliqué à fond. Malgré tout le mal qu'on peut entendre de Tom Cruise, il reste un des meilleurs acteurs actuels (si tant est que ça veuille bien dire quelque chose). On aurait pu se dire (enfin on S'EST dit) : film catastrophe....Tom Cruise....héros sauvant le pays, la planète, le chien, les voisins, le lave-vaisselle et la corde à linge ? Rien de tout ça. Touchant dans son rôle de père dépassé par les évènements, il incarne simplement un citoyen lambda tentant de fuir loin de ce chambard grandeur nature (enfin planétaire). Qu'on ne vienne pas me parler d'hymne aux valeurs familiales et morales. On est vraiment très loin de ce genre de choses. Ray vole la dernière voiture en état de rouler pour s'échapper, refuse d'aider qui que ce soit (arrive alors LA scène la plus tendue du film avec le climax à son comble, véritable attaque de zombies en état de panique. Flippant), assassine un homme pour se protéger lui et sa fille. Incarnation de l'individualisme, symbole d'une Amérique triomphante mais plus pour très longtemps. Pas de quoi être fier donc. Parlons-en de sa fille d'ailleurs, incarnée par une Dakota Fanning qui m'épate de plus en plus (pourtant c'était dur de faire mieux que dans Man on Fire). Presque plus mature que le père, elle a cependant besoin d'être rassurée. Elle symbolise à la perfection ces ados voulant grandir trop vite et s'apercevant qu'ils sont finalement aussi faibles que n'importe qui. La séquence dans la voiture où elle laisse couler des torrents de larmes en voulant savoir ce qu'il se passe ne peut laisser indifférent, j'en avais le coeur qui palpitait personnellement. Quant au fils, je n'en parlerai pas énormément vu le peu d'impressions qu'il m'a laissé. Je citerai également Tim Robbins dont la présence dans le film n'est pas gratuite (rappellons qu'il fait partie de la liste noire des acteurs américains de par son implication dans la contre-propagande de la guerre en Irak). En faisant peut-être un peu trop dans le genre "la folie s'empare de moi", il n'en reste pas moins phénoménal durant la dernière partie confinée dans l'épouvante pure.
Alors oui, la toute fin du film peut paraitre baclée si on ne connait pas le bouquin, elle est pourtant identique à icelui. Seul détail qui fâche : le fait qu'aucun membre de cette grande famille n'ait disparu pendant l'affrontement (enfin l'extermination). Le fils qu'on pensait tous morts se retrouve comme par magie à la maison (qui n'a pas une éraflure) avec les parents et grands-parents en parfaite santé. C'est dommage vu que WOTW a durant plus d'1h50 versé dans le pessimisme le plus total. Malgré tout, le happy-end n'est pas complet : le père reste en retrait durant l'accolade des retrouvailles, il est toujours exclu du cercle familial et n'a absolument rien gagné à subir toutes ces épreuves. Tout ça pour ça...
La totale réussite de WOTW me fait attendre avec encore plus d'impatience le prochain Spielby (oui déjà, quel bosseur) : Vengeance, relatant le massacre de onze athlètes israéliens par le commando palestinien Septembre noir lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972. Il continue donc dans une veine beaucoup plus sérieuse, et ce n'est pas pour me déplaire. Rendez-vous en décembre. Hé hé, farpaitement, décembre.

Trailer

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20 juin 2005

Batman Begins (Batman, ça commence !), 2005, Christopher Nolan, USA

batman_begins3Synopsis :
La genèse de l'homme chauve-souris.
J'essaie d'être bref ici pour aller en profondeur ci-dessous.

Mettons tout d'abord une chose au clair : non, Batman Begins n'est pas "le cinquième volet de la saga" comme j'entend si bien le dire de nombreuses personnes, certaines s'affirmant journalistes. C'est un point de vue extérieur aux autres films, comme un monde parallèle, une uchronie dérivée de la mythologie du héros. Mais après tout, c'est déjà ce qu'à fait Tim Burton dans Batman et Batman Returns non ? On reproche à Christopher Nolan et David Goyer de ne pas avoir aussi bien su retranscrire le comics que Burton, ce qui est tout à fait ridicule ! Batman, c'est du Burton et non pas un film sur Batman. Tout dedans est la vision de son auteur et à aucun moment on peut dire : ah, on reconnait bien là l'univers inventé par Bob Kane. De plus, on peut le trouver extrêmement putassier à cause de son joker incarné par un Jack Nicholson en grande forme : le joker n'est pas un bouffon, c'est un psychopathe ! Quant au second épisode, on a plus l'impression d'assister à un "le Pingouin/Catwoman" qu'à un film sur la chauve-souris. Tim Burton a voulu privilégier les super-vilains (ce qui convient tout à fait son univers), grand bien lui fasse. Nolan et Goyer, eux, on vraiment voulu faire LE film sur Batman. Et, à mon avis, ils ont réussi.

Le début du film en montage alterné mêlant présent et passé permet d'être directement dans le bain. Mais montre également au spectateur ce qu'ont tenté de faire les instigateurs de ce film : insérer un personnage à priori irréaliste dans un contexte réaliste, naturaliste même. La prison, le combat dans la boue, Bruce Wayne souillé par la saleté. On est loin du glamour qu'imposait le riche magnat de l'industrie dans les autres adaptations. On a ici à faire à un homme tourmenté, rongé par le doute, le chagrin. C'est sa rencontre avec Ra's Al Ghul qui va véritablement bouleverser sa vie, une seconde fois après la mort de ses parents. Arrive alors le premier point négatif : la peuuuuuuuuuuuuuuur. Durant l'entrainement dans le monastère ninja (oui, ça existe), on nous assène 36 fois que "la peur" est la base de tout, il faut faire disparaitre "la peur", il faut oublier "la peur", "la peur" c'est mal, il ne faut pas mélanger "la peur" avec du chocolat", Shériff fais-moi "la peur".... Alors évidemment, ça énerve. Heureusement que ça se conclue par un formidable sauvetage héroïque. Quand Christian Bale remonte Liam Neeson à bout de bras, ça force le respect. Et ça fait partie des nombreuses choses irréalistes (à nouveau) s'inscrivant dans le réalisme (oui, encore) du film. Après tout, on veut du spectacle. Evidemment, l'apport d'une certaine psychologie dans la déroute du personnage principal est un grand plus, mais des sensations fortes, ça fait de mal à personne. La course-poursuite aux 2/3 du film est en cela une grande réussite. Voulant s'éloigner des standards CGIesques proposés par les blockbusters de ces dernières années (Matrix Reloaded, Bad Boys 2), Nolan a pris ses références du côté de William Friedkin. Il est vrai que les séquences de poursuite de French Connection et To Live and Die in L.A. sont des classiques incontournables du genre. C'est énergique, brutal et garanti sans fioriture. On ne peut pas en dire autant des combats au corps à corps. Totalement illisibles. C'est décidément une constante dans tous les films US récents : montage ultra-cut parkinsonien, aucune gestion des mouvements et de l'espace. On assiste pas à un combat mais à une succession de coups dont on ne comprend pas vraiment l'origine et encore moins la conséquence. Les Chroniques de Riddick, La Mort dans la Peauet j'en passe, voilà des exemples flagrants. Alors oui, peut se dire : mais c'est parce que Batman doit se rendre invisible, se fondre dans la nuit, même pour le spectateur. Bon, si on veut.
De toute façon, c'est là la grande faiblesse du film, et pour moi la seule : la mise en scène. Totalement dénuée de toute originalité, presque fade, à aucun moment on ne pensera devant l'écran : ah, c'est bien du Nolan ça. On le sent pourtant à l'aise avec l'énorme budget auquel il a eu droit. Mais pas assez pour se permettre des folies. Ca reste assez consensuel dans l'ensemble. Sombre, mais consensuel. Ca se sent surtout dans l'utilisation des punchlines. Parfois bien intégrées (Alfred, Lucius Fox), souvent très mal (la réaction en chaine des policiers lors de la poursuite, Gordon lorsqu'il aperçoit la Tumbler pour la première fois, d'ailleurs je me suis demandé si le fait de mal jouer n'était pas volontaire). Elle sont là pour faire retomber la pression pendant les situations éprouvantes, les séquences "chocs". C'est une mauvaise habitude prises par le cinéma hollywoodien depuis bien longtemps. Quand Riggs sort un "Anybody who drives around in this town IS suicidal." à Murtaugh dans l'Arme Fatale (Shane Black rules), c'est au service de l'action, ça apporte du peps à l'histoire. Dans un film se voulant pessimiste, c'est rajouté à la va-vite par des producteurs peu scrupuleux pour dédramatiser l'ambiance et les situations, pour pas que les spectateurs soient trop secoués. Ce serait dommage hein, après tout c'est pas fait pour ça le cinéma.... Tout ça pour dire que de ce côté là, Goyer s'est plus souvenu de Blade III et ses dialogues ridicules que de Blade et ses sentences irrésistibles ("Some motherfuckers always trying to ice skate uphill" forever).
Heureusement, il se rattrape plutôt bien au niveau de l'intrigue principale et surtout du "grand plan machiavélique" inhérent à tout super-vilain qui se respecte. On peut trouver ça con si on est pas adepte de l'ambiance sérial/comics année 30/40/50 mais si c'est le cas, on penche plutôt du côté : vache, c'est super ingénieux ! Bien qu'on le devine, ce plan, 30 ans à l'avance, ainsi que ce twist peu surprenant finalement (on s'y attend quand même depuis le début). C'est également dommage que l'Epouvantail soit si sous-exploité alors que Cillian Murphy (28 Jours plus Tard) est parfaitement parfait dans le rôle. La façon avec laquelle il est mis en déroute est assez ridicule et en même temps plutôt malsaine. L'effet de son gaz est quant à lui très réussi : les hallucinations sont véritablement impressionnantes et utilisent à bon escient les CGI. On peut d'ailleurs s'étonner du peu de plans en incorporant : pour un blockbuster US, on est vraiment en-dessous de la moyenne et c'est pas plus mal. L'anti Star Wars quoi... La principale influence de Nolan et Goyer au niveau des comics est bien évidemment Year One de Frank Miller dont ils ont su retirer la substancielle moelle tout en s'en démarquant totalement, ça ne reste qu'une base. La toute fin est semblable au livre et annonce intelligemment une suite. On peut donc voir le film comme une sorte de pilote introductif. L'influence de la télévision sur le monde du cinéma ? Sûrement un des futurs fléaux de l'industrie hollywoodienne.
Batman Begins est pour moi LA surprise ce de milieu d'année, je n'en attendais absolument rien et j'en ressors ravis, avec un grand sourire. J'ai même versé une larme de joie durant le dernier quart d'heure. 2h20 de pur bonheur. L'été blockbusterien commence bien.

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Star Wars 3 : La Revanche des Sith (Revenge of the Sith), 2005, Georges Lucas, USA

star_warsSynopsis :
Il a foutu la merde Dooku en enlevant Palplathune mais heureusement les jedi veillent. Anakin va-t-il sombrer dans le côté obscur ? Oui, on le sait déjà en fait.
Palplathune est-il réellement une victime ? Ben non c'est Lord Sidious, tout le monde est courant.
Les Jedi vont-ils tous disparaitre ? Evidemment puisqu'il reste plus que Yoda et Obiwan et two et one two three four Kenobi.
Alors ça sert à quoi d'aller voir le film exactement ? Euh...ça je sais pas par contre....

Après 2 médiocres téléfilms du dimanche après-midi, George Lucas reprend un tantinet du poil de la bête. Le plan-séquence de début en est la preuve, magnifique de roublardise. Voilà, j'ai fait un compliment sur ce film, c'est bon. Non, non et non, je peux rien y faire, impossible pour moi d'accrocher à un truc fait à 90% en CGI ("mais euh, on a mis tout plein de maquettes exprès", oui mon cul). Sky Captain and the World of Tomorrow avait beau être intéressant, les baillements se faisaient sentir. J'arrive même pas à trouver ça beau. Celui qui me dit que le final sur Mustafar est sublime je l'égorge à coup de papier calque. Mais c'est horrible ! On croirait Jimmy Neutron mais en pire. Aucune émotion en transparait, sinon que j'avais peur de croiser Gollum et Frodon se foutant sur la gueule pour jouer dans un film de Jean-Jacques Annaud. Et tout le film est comme ça. De plus, tout va trop vite. Lucas n'octroit aucune pause aux spectateurs en se disant que ça va les tenir en haleine mais c'est l'effet inverse qui se produit : qu'est-ce qu'on se fait chier ! Pourtant, pour la première fois de la nouvelle trilogie, j'avais l'impression de vraiment regarder Star Wars : montage alterné pendant les séquences-clés et transitions kitschs. Mais alors que dans Empire Strikes Back, cela fonctionnait à merveille (ainsi qu'à la fin de Return of the Jedi l'alternance bataille Ewoks/bataille spatiale), là ça plombe complètement le film. Lucas tue toutes les séquences qui auraient pu devenir intéressantes dans l'oeuf. Elle est où la grande bataille Wookiees/droïdes ? C'est tout de même extrêmement frustrant. Idem quand on voit des scènes de 5 secondes se suivre parce que bon après tout fallait bien les caser quelque part (Kenobi qui sort de l'eau, Padmé qui pleure, la vache qui rit). Pour un film soit-disant pensé pendant 20 ans, Revenge of The Sith est extrêmement décousu. Et en plus moi je cale rien du tout pendant les scènes d'action. C'est pas faute de m'impliquer, mais tout le début avec vaisseaux, Grievous et Dooku est resté assez obscur pour ma petite personne. C'était pourtant une bonne idée le vaisseau à la verticale et donc de courir sur les murs de la cage d'ascenceur, dommage que ce soit sous-exploité et relativement mal fichu. Et en plus ils ont piqué des bat-grappins à la chauve-souris en collants. Ah oui justement, en parlant de trucs ridicules, Kenobi à cheval sur un lézard géant, ça a fait rire personne ?
Avant j'aimais bien Star Wars, son univers impitoyable, son imaginaire ludique et divertissant, sa mythologie détaillée, gigantesque et cohérente, mais là, impossible d'apprécier. Les 5 dernières minutes sont tout de même sympathiques lorsqu'on voit la mise en place des épisodes suivants. L'intérieur des vaisseaux impériaux et les tenues de l'équipage sont les mêmes, ils ont même réussi à trouver un sosie de Peter Cushing (Grand Moff Tarkin dans [A New Hope). Si si, on le voit 3/4 de secondes quand Palplathune et Vador regardent la construction de leur jouet sphérique.
Revenge of the Shit ? Non, mais pas loin.
Tapez-moi, je m'en fous.

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Kingdom of Heaven, 2005, Ridley Scott, USA

kingdomSynopsis :
- Hé Orlando !
- Quoi !
- BLOOOOM !
Oh ben non, ils l'ont fait exploser. Encore un coup des arabes ça. Il a eu raison de s'embrigader pour aller en Terre Sainte.

Parlons du nouveau film de Ridley "tout dans l'esthétique" Scott. C'est pas encore Tony, mais ça y ressemble. D'ailleurs dernièrement, je préférais légèrement les films du vilain petit canard que de la grande star. Autant dire que Kingdom of Heaven m'a réconcilé avec lui. Là où j'ai trouvé Gladiator poussif, ennuyeux, au scénario creux et à la mise en scène parfois brouillon, KOH (Lanta) c'est tout le contraire. Le fait que l'époque des croisades me passionnent plus que l'antiquité y contribue également.
Ma réaction devant le premier plan du film : OUAHHHHHHHHHHHH ! Ensuite on m'a dit que c'était le logo du distributeur. Puis arrive le premier plan (le vrai, le seul) : OUAHHHHHHHHHHHHHH, encore. Photographie, cadrage, le vent dans la gueule, la neige sur la peau et l'odeur du bois et de l'herbe dans les narines. Tout est là. Et du coup j'ai remis mon pull. Après, à Jérusalem j'étais en marcel et tongue mais je pense que ça intéresse personne. Le film est tout de même surprenant à plusieurs égards. Les parti-pris de Ridley Scott sortent de l'ordinaire du blockbuster épique lambda. Un bateau chavire et sombre ? Pas un cri, pas de montage épileptique de vagues submergeant la coque, de personnes glissant sur le pont, juste un (oui 1) plan montrant le bateau en train de couler, silencieusement. Une grande bataille s'annonce ? On a juste le droit à l'amoncellement de cadavre lui succédant et les vainqueurs marchant parmi eux. On sait qu'une director's cut existe, plus longue d'1h20 (merci mon cher Elegolasses, tu iras loin dans la vie mon grand). On peut donc se dire que ces ellipses ne sont pas voulues et sont victimes d'un charcutage sauvage mais si c'est le cas (et là je ne pense pas), ça ne dessert pas du tout le film, au contraire. Par contre, il est vrai que certaines coupes sont flagrantes et gênantes. Le rythme en est du coup accéléré et l'ennui chassé. Faut-il mieux garantir une certaine cohérence au film ou empêcher les spectateurs de dormir ? Je dois bien avouer que je suis assez mitigé sur ce point.
Pour ce qui est des séquences d'action, Ridley Scott s'est bien amélioré depuis Gladiator, même si la lisibilité n'est pas toujours parfaite, la gestion de l'espace est quant à elle splendide. C'est spectaculaire, c'est violent, on en redemande. Rien d'autre à dire là-dessus, ça se regarde, ça se raconte pas (ouh qu'il est faignant).
Le plus gros reproche fait au film se situe au niveau historique. Les chrétiens sont présentés comme des rustres assoiffés de pouvoir (les templiers français tout du moins. Rancuniers les ricains ? Non non.) et les musulmans, eux, sont sages et civilisés. Tout le monde sait bien que dans les deux cas, ce sont des envahisseurs. Mais dès qu'il y a possibilité de faire un parallèle avec l'actualité, Hollywood en profite. Contrairement à certains avis que j'ai pu lire, non ça ne sclérose pas le film, ça peut faire sourire à certains moments (Saladin ramassant un crucifix pour le reposer sur une table par exemple) mais en aucun ça empêche d'apprécier le spectacle.
Le film est déjà en l'état plutôt réussi. On se surprend tout de même à rêver ce que ça aurait pu bien donner avec quelqu'un de la trempe de John McTiernan derrière la caméra. Le Treizième Guerrier aux Croisades, ahlala rien que d'y penser, j'en ai des palpitations.

Alors je vais faire une petite disgression qui a tout de même à voir avec Kingdom of Heaven.
La sortie d'un film évoquant les croisades a fait revenir à la surface par quelques personnes le projet Crusade de Paul Verhoeven. Même si le film de Scott est tout à fait respectable, il parait évident que le même sujet traité par le Hollandais fou aurait été d'une toute autre envergure. Il suffit de regarder La Chair et le Sang (Flesh & Blood, 1985) dont l'histoire se situe au moyen-âge pour le comprendre. Et ceux qui ont pu lire le génial, splendide, indescriptible scénario de Walon Green (La Horde Sauvage, Sorcerer, oui vous pouvez le dire, ça rigole pas) le confirment. Le film aurait forcément (c'est obligé je vous dis !) donné quelque chose de monumental. C'était le plus gros budget de l'époque (120 millions de dollars), avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal (les deux boys s'étaient bien entendus sur le tournage de Total Recall et Basil Poledouris pour la musique. Le projet a hélas été définitivement abandonné en 1996. J'en pleure encore.
Pour que je ne sois pas le seul à pleurer, je vous proposer un résumé des 6 premières pages du script :

Hagen est emprisonné après avoir tenté de voler des reliques dans une abbaye (l'abbé est un charmant personnage qui se fait livrer des ephèbes de douze ans pour.. ahem... leur montrer sa foi).
Dans sa cellule, Hagen découvre un juif, un vendeur de fausse relique (sa fausse eau bénite a rendu quelques paysans malades). Ce dernier raconte à Hagen ce qu'il a vu au coeur de l'Eglise chrétienne de Jerusalem, une énorme croix qui pourrait être celle du Christ.
Sachant que le pape Urbain II s'apprête à passer dans la région à la recherche de croisés et que, politique oblige, il bénira tout le monde y compris les prisonniers, Hagen passe une nuit entière à s'automutiler en faisant brûler ses chaînes et en se les passant dans le dos.
Le lendemain, lorsque les gardes le sortent de sa geôle pour le placer sur le chemin de la caravane papale, ils découvrent dans le dos de Hagen sa peau brûlée en forme de croix. Hagen joue à l'idiot et prétend ignorer de quoi il s'agit.
Certains prêtres y voient un stigmate. l'Abbé sait que Hagen ment.
Néanmoins, Hagen est amené devant le pape. Questionné au sujet de sa croix dans le dos, il raconte un rêve qu'il aurait soi-disant fait, et dans lequel il portait une énorme croix sur son dos, la faisant sortir d'une église en flamme (Hagen décrit l'église de Jérusalem tel que le juif dans cellule l'a décrite).
Au même titre que l'abbé, le pape Urbain II sait que Hagen ment. Mais les pieux croisés autour de lui, dont le chevalier Bayard qui a déjà été à Jérusalem, crient au miracle, et considèrent Hagen comme un élu.
Par calcul politique, Urbain II fait alors semblant de croire Hagen et l'intègre à ses troupes de croisés. Mais, en connivence avec l'Abbé, ils ont une sale surprise pour lui...

Et tout ça en 6 petites pages. Rhaaaaaaaaa....

Encore une petite annexe.
Basil Poledouris a composé en 1996 un morceau pour les jeux olympiques d'Atlanta. Et c'est à cette même époque qu'on apprenait que le mythique projet des Croisades ne se ferait pas.
On a du mal, à l'écoute de ce morceau du compositeur favori de Popol (mélange de rythmiques orientales + féodales + choeurs latins), à ne pas y voir une maquette de ce qu'aurait été le score des Croisades ...

Montez le volume et jouissez

Posté par dirty_flichty à 00:52 - Humain en bloc - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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