09 décembre 2005
C'est bientôt noël
Encore tout plein de critiques toutes courtes, non argumentées et absolument pas instructives. Studio bis donc.
Le Nouveau (The New Guy), 2002, Ed Decter, USA
Et un film con, un. Un mec débarque dans un lycée en se faisant passer pour un caïd alors qu'en fait c'est rien qu'une grosse ablette qui occupait le poste très demandé de souffre-douleur dans son ancien établissement. Et bien sûr, ça marche comme sur des roulettes. Je signale que cet individu est physiquement constitué comme une brindille qui aurait desséchée durant plusieurs siècles dans un désert chaud comme ma main après l'avoir glissée dans mon four à plutonium (c'est plus cher que le gaz mais c'est fluorescent, comme ça je peux cuisiner la nuit). Pour incarner Dizzy Harrisson (la brute)/Gil Harris (l'andouille), c'est l'affreux DJ Qualls qui s'y colle. Et là tout de suite, on se dit forcément : ah ouais, pas crédible. Même les bisounours ont pas peur de lui. Mais on s'en fout ! C'est du teen-movie efficace et qui prend pas la tête. C'est bien tout ce que je demande quand je vois 4 quaterbacks pisser dans le tuba d'un nain avant de le lancer dans une poubelle. Un idéal de cinéma en gros.
P.S : on retrouve DJ Qualls en ce moment au cinéma dans Hustle & Flow, über-tuerie intersidérale (oui bon j'exagère mais c'est pour concurrencer la dernière niaiserie de chez Disney).
Hitler's Madman, 1943, Douglas Sirk, USA
Jouer sur l'actualité brûlante pour faire des spectateurs (et donc de l'argent, ben oui) a toujours été un des fers de lance de l'industrie Hollywoodienne, mais on bat ici des records puisque le film a été tourné à peine quelques semaines après les faits qui sont les suivants : un lapin tombé dans un puit alerte une patrouille nazie en Colombie (ils étaient venu chercher directement les grains de café sur les caféiers, arbres légendaires aujourd'hui disparus et remplacés par les paquets qui poussent à même le sol, pour le petit-déjeuner du Führer), celle-ci pense qu'il s'agit d'un espion français leur tendant une embuscade et lance alors tous ses explosifs dans le trou pour le neutraliser sans lui faire de mal. Ceci a pour conséquence, en plus d'assécher tous les villages de la région qui verront leur 52000 habitants mourir dans la semaine, de déterrer l'Arche d'Alliance qui avait été planquée là par les potes à Moïse entre deux parties de bridge ("on reviendra la chercher après" qu'ils disaient). Matez le premier Indiana Jones pour connaitre la suite (qui est donc en effet une histoire vraie, ça avait été cachée à l'époque mais la boîte de Pandore est à présent ouverte, servez-vous). Douglas Sirk, qui vient de fuir l'Allemagne et dont c'est là le premier film américain, a sué corps et âme pour boucler le tournage en une semaine avec les peu de moyens qui ont été alloués vu que personne n'y croyait. Mais après l'avoir vu, les grands pontes de MGM ont racheté le film pour le distribuer de façon importante. John Carradine y est effroyable en SS sadique, j'ai presque cru voir mon grand-père tel qu'il pose sur les photos de groupe de la Wehrmacht. Du bon boulot.
La Gran Aventura de Mortadelo y Filemón, 2003, Javier Fesser, Espagne
Ces deux personnages sont bien connus des amateurs de BD qui suivent leurs aventures, dessinées par Ibanez, depuis maintenant près de 50 ans. Après d'innombrables courts et longs d'animation, voici donc la version live. Coupons court à tout suspense, on tient sûrement là la meilleure adaptation de BD jamais faite. Dans le sens où c'est la première fois que j'ai l'impression de regarder un cartoon live avec gags en arrière plan, corps élastiques et tous les détails inhérents au médium bande dessinée (dans la catégorie gaudriole). Je ne tient bien sûr pas compte des films mêlant animation et vrais acteurs comme Roger Rabbit, Cool World, Space Jam, Monkeybone ou plus récemment les Looney Tunes de Joe Dante. Il y aurait bien aussi les oeuvres de Dave Borthwick (comme The Secret Adventures of Tom Thumb) mais c'est encore autre chose (tout est en stop-motion, même les mouvements des acteurs). Là où le bât blesse, c'est qu'on se rend compte qu'en étant trop fidèle à la BD d'origine - c'est d'ailleurs tout bonnement hallucinant à ce niveau là - LGADMYF donne le tournis et est surtout très très con. Ca passe dans des cases mais ici non. J'ai dû regarder le film en 7/8 fois pour parvenir jusqu'au bout tellement c'est lourd et hystérique. Il y a cependant plusieurs détails qui font de LGADMYF une véritable curiosité : Dominique Pinon en espion playboy (qu'est-ce qu'il fout là d'ailleurs ?), l'acteur qui incarne Mortadelo EST Mortadelo, les taquets dans la gueule qui sont d'une violence rare pour un film grand public et tout plein d'autres trucs que j'ai pas envie de m'embêter à énumérer.
Sha Po Lang, 2005, Wilson Yip, HK
Mettons d'emblée les choses au clair : c'est à chier. Pardon, J'AI trouvé ça à chier. D'où une certaine liberté tonale dans le texte qui suit (comme d'habitude en fait).
La première demi-heure oscille entre le n'importe quoi et le foutage de gueule. Un coup y a des ellipses que tu te demandes ce qu'il se passe (et pourtant c'est une figure cinématographique que j'affectionne tout particulièrement) et à côté de ça, on peut t'expliquer un truc que même mon neveu de 3 ans il aurait compris avec des mini-flashbacks tout nazes (de scènes déjà vues ou non). Niveau mise en scène, c'est zéro, je sais pas qui c'est Wilson Yip mais c'est sûrement pas le mec qui a fait Bullets over Summer. Un pseudo sûrement. Bon allez, on va dire que tout ça on s'en fout, on est venu pour les combats. Et ben parlons-en justement, il se passe que dalle pendant 50 minutes, après commence un tout petit rikiki enchainement de tatanes, mais genre 5 coups et on se casse, pour finir sur 2 gros fights, le premier avec arme blanche plutôt sympa et le dernier bien chiant et pas palpitant pour un sou. Et comme si ça suffisait pas, le scénario tente de rajouter un fond sérieux pour faire réfléchir, parce qu' "après tout les films d'action ça peut aussi faire réfléchir ouais", avec tout plein de conneries niaiseuses sur la paternité (chaque perso ayant sa petite histoire larmoichiante). Enfin j'ai l'air de m'acharner sur le film là, ce qui est un peu vrai, mais c'est quand même super lourdingue. Mentions spéciales à Donnie Yen en flic spectateur qui sert à rien et Sammo Hung en parrain du pauvre qui machouille son cigare en faisant des grimaces pour jouer les durs.
Ah et respect au plan final. Plus ridicule, tu meurs.
Si c'est ça le renouveau du polar HK, j'ai les boules pour la suite. Espérons que Dragon Squad, le nouveau Daniel Lee, soit légèrement mieux.
En résumé : j'ai pas aimé. Ouais.
24 octobre 2005
Les soldes continuent.
On va pas changer une équipe qui gagne (autrement dit, mon cerveau lymphatique et mes deux bras robustes). Pour expédier/torcher une critique en 5 lignes, c'est par ici.
Et de façon pertinente en plus. Ah mais si.
Moi, toi et tous les autres (Me and You and Everyone We Know), 2005, Miranda July, USA
Un film indié US de plus tablant sur des persos frustrés/losers/marginaux, des petits extraits de vie cocasses flirtant parfois avec le politiquement incorrect (même si on n'est pas encore chez Todd Solondz) pour qu'on perçoive mieux la détresse de tous ces exclus. Et pourquoi je me fais avoir à chaque fois moi ? Je suis faible, trop faible. Je vais finir par accepter ce stage commando en Dordogne. Faut dire que Miranda July possède un véritable talent pour mettre en valeur ses personnages, les rendant vraiment chaleureux. On voit qu'elle les aime et ne les prend pas de haut en utilisant ce cynisme si à la mode ces derniers temps. Et elle peaufine vraiment la mise en scène. Et elle joue formidablement bien. Et elle possède un charme fou. Et je suis amoureux.
John Hawkes m'attire moins mais plus je le vois, plus je le trouve sympathique. Et ce même quand il joue le 5ème rôle (celui du mec qui ouvre la porte au mec qui porte le colis au mec qui joue le réceptionniste).
Les Chroniques de Riddick (The Chronicles of Riddick), 2004, David Twohy, USA
On dira ce qu'on voudra, Vin Diesel ne mérite vraiment pas toutes les critiques dont il est victime. Le fait est qu'il choisit mal ses films. Avec une meilleure direction de carrière, il pourrait devenir la nouvelle grosse star d'Hollywood. Par contre, s'il y a bien des œuvres dans lesquelles il a eu raison de s'impliquer, c'est la série des Riddick. Pitch Black était un excellent survival SF, Les Chroniques de Riddick est un incroyable space-opera comme ça faisait longtemps qu'on en avait pas vu. Des films épiques comme ça j'en veux toutes les semaines. Une grande épopée sentant parfois bon le Conan de Robert E. Howard (le final fait d'ailleurs penser au film de John Milius) et un univers qui continuera à se développer dans les deux prochains volets. Enfin si tout se passe bien vu que le flop du film au box-office a plutôt freiné les ardeurs des producteurs. En attendant, David Twohy prépare The Would Be Warrior (herois-fantasy à base de divinités nordiques) et The Break (expérimentations extra-terrestres) et Vin Diesel enchaine les navetons afin de récupérer assez d'argent pour produire lui-même les 2 autres épisodes de la saga. Il a des couilles le Vinou, j'aime ça !
The Servant, 1963, Joseph Losey, UK
On aurait dû avoir droit à Hitler's Madman de Douglas Sirk, on a eu The Servant. Ceci s'expliquant par le fait qu'Harold Pinter, scénariste du-dit film, vient d'avoir le Prix Nobel de Littérature. Du coup, on a pu voir Papy Brion en direct live nous faire un résumé du film puisque la présentation habituelle n'avait pas été faite.
The Servant, c'est 1h50 de malaise constant, de situations tendues, de non-dit, de frustrations, de pathétisme. En se faisant engager comme majordome chez un jeune aristocrate, Dirk Bogarde va semer la confusion dans l'esprit de cet homme psychologiquement fragile. L'intrusion de sa "sœur" sera en quelque sorte le coup de grâce. Même les scènes cocasses de la seconde partie du film (le bourgeois et le majordome fumant ensemble, jouant à la balle dans l'escalier) créent un malaise palpable. Tout cela est sublimé par une photo en n&b magnifique et un sens du cadrage fabuleux.
Les Proies (The Beguiled), 1970, Don Siegel, USA
Sûrement le meilleur film de Don Siegel et sans aucun doute le plus ambigû. Avec ce nordiste blessé et secouru par les pensionnaires d'un collège de jeunes filles sudistes durant la Guerre de Sécession (qui a cessé, ça... oh c'est naze), on aurait pu s'attendre à du grand romantisme à la Gone with the Wind mais le film prend une toute direction en disséquant la face la plus sombre de la nature humaine. Ce soldat, menteur et charmeur, qui pense être en position de force malgré ses blessures, va séduire une à une chacune des femmes (même la plus jeune de 12 ans) du pensionnat et vite comprendre que celles-ci sont encore plus cruelles et scélérates que lui, passant du statut de proies à celui de prédatrices. Clint Eastwood voulait casser l'image d'homme imperturbable et intouchable qu'il trainait depuis les films de Leone, c'est plutôt réussi. L'ambiance gothique qui se dégage du film y est particulièrement bien adaptée. Le film a été boudé à sa sortie et l'est encore aujourd'hui puisque qu'il n'existe qu'une pauvre édition en Z1 et aucune de par chez nous. Et pendant ce temps, Gladiator en est à sa 3ème réedition. Misère.
Action Mutante (Accion Mutante), 1993, Alex de la Iglesia, Espagne
Ca y est, j'ai vu la filmographie complète de ce (pas si) gentil barbu. Et je peux affirmer que celui-ci en est un des sommets. Premier film et déjà un sens incroyable de la mise en scène. Et cette envie de faire plaisir au spectateur autant que de se faire plaisir. C'est pour cela qu'Action Mutante est un film généreux. Déjà, un commando terroriste composé d'handicapés (des frères siamois, un cul-de-jatte, un nain bossu franc-maçon communiste homosexuel, etc...) dont la ligne de conduite consiste à agresser les belles célébrités, ça pouvait que me plaire. Mais ceci n'est que prétexte à une succession de séquences toutes plus délirantes et jubilatoires les unes que les autres, pas de diatribe contre le culte de la beauté donc (contrairement au Crime Farpait). Malgré le faible budget, le film ne fait absolument pas cheap. Il parait même plus cher que ce qu'il a réellement coûté. Que ce soit l'univers futuriste de la première partie ou celui post-apocalyptique de la seconde (tourné sans aucun doute à Alameria), tout est crédible. Et puis ça n'arrête pas d'une seconde, les persos sont tous plus cons ou timbrés les uns que les autres (la "famille" de la planète Atxurias est impayable) et la dernière demi-heure est un sommet de cinéma. Farpaitement.
ACCION MUTANTE !
29 septembre 2005
Retour de flemme
Allez, je vais pas me gêner, je remets le couvert. Et personne peut se plaindre vu que je suis protégé par un des versets du Nouveau Testament. Lequel, je ne sais pas, mais il existe, j'en suis persuadé.
L'immunité biblique, le nouveau refuge des persécutés.
Marathon (Mar-a-ton), 2005, Jeong Yun-cheol, Corée du Sud
Le film coréen évènement de 2005. Une petite production sans prétention qui se retrouve d'un coup en tête du box-office et lamine tout les autres films en arrivant à un total de 5 millions de spectateurs ! Il s'est depuis fait dépasser par Welcome to Dongmakol de Park Kwang-hyun (un des segments de No Comment) et produit par Jang Jin (dont le nouveau film ne devrait pas tarder à sortir).
La raison d'un tel succès ? Et d'une telle surprise surtout. Hé bien il n'y en a pas vraiment, peut-être que les coréens avaient envie d'un film positif, mettant en exergue des valeurs telles que la détermination, la volonté, le dépassement de soi. Marathon relate l'histoire d'un jeune autiste adepte de course à pied et ayant décidé de courir le marathon de Séoul. Où est-ce sa mère qui l'a décidé pour lui ? C'est en fait le sujet principal du film. La mère du personnage principal est plutôt possessive et pense savoir ce qu'il y a de mieux pour son fils sans forcément tenir compte de son avis.
Alors oui le film est touchant, mais ne m'a pas tant bouleversé que ça. Je suis devenu insensible. Bouhouhouh. Non je ne sais pas, peut-être un ras-le-bol devant les films qui cherchent la larme à tout prix.
Paradise Now, 2005, Hany Abu-Assad, Israel
Un film tentant de montrer à quoi ressemble les gens se cachant derrières ces attentats sauvages, ceux qui se font appeller kamikazes, ce n'est pas si fréquent que ça. Encore faut-il que ça tienne la route et ne penche pas d'un côté de la balance comme de l'autre. La première partie est intéressante en cela qu'elle lorgne vers le film de genre avec suspense à la clé. Mais la seconde partie se perd dans des dialogues pompeux à base de sentences sur le conflit israelo-palestinien. Pour ça je peux mater les débats télévisés merci, sauf que là je peux zapper au moins. Trop démonstratif donc, ce qui est dommage vu que le parti-pris initial était plutôt pertinent et évitait toute subjectivité.
Petit détail important et totalement sans intérêt par rapport à la qualité intrinsèque du film : l'actrice principale est à croquer. Voilà, c'est dit.
Indiscrétions (The Philadelphia Story), 1940, George Cukor, USA
Une des comédies clés de l'âge d'or du cinéma Hollywoodien. Les acteurs s'amusent, cabotinent à souhait et rivalisent de malice et d'auto-dérision. Surtout l'éblouissante Katharine Hepburn ravie de faire tourner la tête de tous les mâles présent dans le casting, autrement dit : James Stewart ,Cary Grant et John Howard. A la base, ce devait être Spencer Tracy et Clark Gable à la place des deux premiers, ce qui aurait été dommage pour James Stewart vu qu'il y remporta l'Oscar du meilleur acteur. Si on aime le vaudeville, on atteint l'extase, sinon, on peut quand même se dire que plus jamais on aura de films de ce genre, fins, racés et subtils.
Showgirls, 1995, Paul Verhoeven, USA
Notre hollandais fou aurait commis une bouse ?! Meuh non et c'est même le film le plus cynique qu'il ait jamais fait. Il ne se passe pas une scène sans que l'on sente le foutage de gueule de Popol. Je plains franchement les gens qui regardent Showgirls au premier degré. On a quand même un pitch cliché (quelqu'un partant de rien pour devenir la plus grande star de Las Vegas), une fille qui s'enfuit en courant dès qu'elle est contrariée, des mecs qui sont tous des enfoirés (sauf celui qui d'apparence en est un et finalement non, Robert Davi donc, membre 12 du clan des gars se rasant au chalumeau). Ce qui est encore plus amusant c'est que Elizabeth Berkley débarque à Las Vegas et fout la merde, gâche la vie de tout le monde, mais à elle, il ne lui arrive rien en fait si on y regarde bien. C'est quand même culotté de placer en personnage principal d'un film sur la réussite l'individu le plus fade du film et qui finalement n'arrive à rien. C'est Verhoeven.
27 septembre 2005
Critiques Express
Pas d'idées ? Rien à dire sur un film ? La flemme d'écrire ? Aucun soucis, les critiques express (marque déposée) vont me permettre de lyncher un film en 5 lignes dans la plus pure tradition française. Formidable !
Land of the Dead, 2005, George A. Romero, USA
Attendu comme le messie par les zombiephiles de l'ancienne génération, Land of the Dead est franchement en deça de ce que tout le monde espérait. Reste un actioner (parce que c'est bien de ça dont il s'agit) carré, sec et sans fioritures qui aurait très bien pu être réalisé par Big John dans les années 70/80, loin des productions récentes du genre donc, c'est pas plus mal. Et aussi la bonne surprise de voir des séquences plutôt craspec pour un film aussi bien distribué. Pas mal mais peut mieux faire. Ouah la conclusion facile du mec qui prend de haut hé.
Bullets over Summer (Baau Lit Ying Ying), 1999, Wilson Yip, HK
Le haut du panier du neo-polar HK, misant tout sur les relations humaines et le réalisme (enfin on est à HK quand même). Wilson Yip signe un film assez étrange de par le fait qu'au bout de 20 minutes l'intrigue policière se mue en comédie (dramatique) de moeurs quand les deux flics utilisent l'appartement d'une vieille dame comme planque. Pour mieux revenir à sa forme initiale dans la toute dernière partie. Il n'y a que deux gunfights dans tout le film mais orchestrés avec maestria (superbe casse). Bullets over Summer a permis à Francis Ng d'être véritablement reconnu en tant qu'acteur et de faire partie de ceux sur qui il faut compter, avec Lau Ching-Wan bien sûr.
Wilson Yip vient de réaliser SPL (Sha Po Lang) qui, d'après les premières projections, pourrait bien être le meilleur film HK depuis une quinzaine d'année. Un polar bien hard-boiled avec Donnie Yen et Samo Hung, déjà là ça fait mal, et des combats sanglants. Tout pour (me) plaire donc.
Un Seul Bras Les Tua Tous (One-Armed Sworsdman), 1967, Chang Cheh, HK
Premier volet de la trilogie du Sabreur Manchot (qui en comporte bizarrement trois, alors que lui n'a qu'un bras, la vie est injuste), Un seul bras les tua tous introduit de façon remarquable la mythologie de ce célèbre personnage, adaptée moultes et moultes fois au cinéma (et dont The Blade de Tsui "Dieu est parmi nous" Hark est un des plus beaux, sinon LE plus beau, fleuron), et on retrouve avec plaisir tout ce qui fait le charme des productions Shaw : les décors de studios kitsch et chaleureux, les rebondissements naïfs, les combats sans merci, le mièvre qui côtoie l'horrible. Du cinéma populaire de qualité. Sûrement un des films les plus représentatifs de la Shaw des 60's. Parfait pour ceux qui veulent découvrir tout un pan de l'industrie cinématographique HK.
Le Bras de la Vengeance (One-Armed Sworsdman Return), 1969, Chang Cheh, HK
Inférieur à son prédecesseur de par sa construction sur-linéaire, Le bras de la vengeance envoie par contre le bois au niveau des combats. Ca n'arrête pas une seconde. Ce qui aurait pu être une grosse boucherie jouissive se transforme hélas en une succession de séquences plates de par leur répétitivité. En fait il faut regarder le film en se demandant ce que Chang Cheh va bien pouvoir trouver ensuite. Des armes plus démentes (matez les jolis enjoliveurs crantés sur la capture), plus de morts, plus de sang. Mais ca ne suffit pas. Dommage.
The Jacket, 2005, John Maybury, USA
Hop, un thriller moderne pseudo-alambiqué de plus. Teinté de SF en sus. Le concept est intéressant, dommage que ce ne soit pas exploité à fond. En fait je me suis fait plutôt chier, le film n'est pas nul, loin de là, mais rien ne m'a bousculé durant les 2 heures qui se déroulaient devant mes yeux las. Ah si, une chose quand même : Keira Knightley devrait éviter de jouer des rôles sérieux. Surtout avec un acteur brillant comme Adrien Brody en face d'elle. Parce que la voir :
- se mordiller la lèvre pour faire style "je réfléchis"
- gueuler avec une voix d'homme pour faire style "je m'énerve"
- montrer ses nichons pour faire style "je suis une femme maintenant et je joue dans des films matures"
ça va 5 minutes et c'est ça qui m'a complètement sorti du film. Ca parait con mais c'est incroyablement insupportable. Et l'adverbe "incroyablement" me permet d'insister sur l'adjectif "insupportable". Merci la grammaire française.
Perdita Durango, 1997, Alex de la Iglesia, Mexique/USA
Alors je ne sais pas s'il s'est servi du roman original de Barry Gifford ou de son adaptation en BD par Bob Callahan pour le film, mais le côté "too much" de certaines séquences me fait pencher pour la seconde solution. En même temps, c'est un peu un pléonasme, Alex de La Iglesia n'est pas réputé pour sa sobriété. Il faut que ça gueule, que ça gesticule, que ça bouge. De film en film, on retrouve les mêmes défauts (rythme surtout) et les mêmes qualités (direction d'acteurs, volonté de surprendre), c'est pour ça qu'on l'aime notre gros nounours barbu. Pour ceux qui ne connaissent ni le roman, ni la BD (haaaaaaaan) ça parle de vaudou, d'enlèvement, de sorcellerie et d'amour. Tout ça à la sauce mexicaine. Relevée donc. J'explique pour ceux qui n'auraient pas saisis.
Ah ben jusque là, ce système me plait bien. Hop, adopté à l'unanimité de mon unique voix qui est la mienne.



















