Shoot and Kill

A History of Violence

23 septembre 2005

Opération Peur (Operazione Paura), 1966, Mario Bava, Italie

operation

Synopsis :
Une petite bourgade allemande est victime d'une malédiction et vit dans la terreur.

Grosse grosse déception pour ma part. Opération Peur est considéré par beaucoup comme le meilleur film de son auteur or, je m'y suis incroyablement ennuyé. En fait, je ne suis même pas sûr d'avoir suivi ce qui se passait durant les 15 dernières minutes du film, des trucs incroyables j'imagine. Formellement, c'est de toute beauté avec une utilisation des couleurs magnifique, une musique qui met bien dans l'ambiance gothique du film et des décors poisseux superbement photographiés. Les 20 premières minutes m'avaient mis en confiance, me faisant penser à du Lovecraft avec son village digne d'Innsmouth. Et du Lovecraft live, moi j'en demande tous les jours. Mais ce qui s'ensuit m'a beaucoup moins intéressé avec son intrigue à base de sorcellerie, de revenant vengeur, ça vient surtout de moi je pense, ça n'a jamais été ma tasse de thé les histoires de fantômes. Surtout que c'est mené de main de maître, rien à dire là-dessus, mais impossible pourtant de m'y impliquer.
Mario Bava se permet quelques excentricités stylistiques, comme dans tous ses films, comme par exemple ce superbe plan dans le cimetière où la caméra zoome puis dézoome plusieurs fois de façon parabolique pour ensuite laisser apparaitre les jambes d'une fillette faisant de la balançoire et surplombant le site. En 10 secondes, Bava résume toute l'intrigue du film et de son spectre ayant main mise sur le village par la peur qu'il y institue et par conséquence droit de vie et de mort. Fort.
Et puis si on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'Opération Peur est une influence pour grand nombre de réalisateurs. Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre où Kubrick a emprunté le look des fillettes de l'Overlook Hotel, où Tim Burton a capté l'essence de tout le pan gothique de sa filmographie, où David Lynch a trouvé l'inspiration pour le final de Twin Peaks (la série, pas le film). Même si c'est plus ou moins consciemment. Il y a cependant un metteur en scène qui revendiquait ses emprunts au cinéma de Bava, c'est Fellini. Il a en effet repris dans son sketch des Histoires Extraordinaires le personnage de la fillette au ballon et a toujours eu le bon goût de reconnaitre le génie du cinéaste.

Trailer (pour bientôt)

Posté par dirty_flichty à 12:23 - Bisseries et déviance - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


24 août 2005

Dead Meat, 2004, Conor McMahon, Irlande

dead_meat1

Synopsis :
Une infection de vache folle ravage plusieurs villages transformant la population en zombies. Les quelques rescapés s'organisent.

Ahhhhhhhhhhh l'Irlande.....ses prairies verdoyantes, ses habitants chaleureux, ses vaches tueuses carnivores...
Voici donc un sympathique film zombiesque ("Encore !" dirons les mauvaises langues que je ferai aussitôt taire à coup de pioche) dont la principale originalité est la cause de l'infection : la maladie de la vache folle. Nourris avec les restes de leur congénères morts, les bovins se rebellent en attaquant de pauvres fermiers en botte en caoutchouc. Bon ok faut pas être fortiche pour se laisser mordre par une vache mais ce ne sont que des paysans, on les excusera donc de leur pathétisme.
C'est pour ça que je milite depuis maintenant 2 ans pour la création de centre de self-defense pour agriculteurs, ça éviterait bien des désagréments. Pendant ce temps, un jeune couple se ballade dans le coin sans savoir cela. Pas de bol pour eux. Vont alors s'enchainer (à placer dans l'ordre que vous voulez, chaque terme pouvant être réutilisé autant de fois que ça vous chante) :
- fuites
- attaques
- démembrages/décalottages/énucléages (le tout cheap mais efficace)
- rencontre d'autres survivants
- culs-de-sac
- pause-café
La routine quoi. Des idées cocasses surgissent ça et là (meurtre par aspirateur, il fallait y penser) mais dans l'ensemble c'est plutôt classique. Les acteurs sont à ranger entre passable et naze mais à la rigueur on s'en bat le pneu hein. Cependant, de par son rythme et sa mise en scène, Dead Meat se place aisément dans le peloton de tête des films de zombies indépendants sortis ces dernières années. Je précise que ce ne sont pas les zombies qui sont indépendants, bien que totalement abrutis, ils sont capables d'agirs en groupe, pas encore de jouer aux cartes ou de préparer un pique-nique mais ça viendra.
Attention à ne pas confondre avec le film du même nom présenté à Sundance cette année qui m'a l'air ma foi assez intéressant et pas uniquement parce que mon idole Ron Jeremy joue dedans, mais ça joue un peu quand même.

Trailer

Posté par dirty_flichty à 17:31 - Bisseries et déviance - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2005

4 Dollars de Vengeance (Cuatro Dolares de Venganza), 1966, Espagne/Italie

4dollars1
- Ay ! Régarde amigo, yé fabriqué oune lance-pierre yéant pour combattre la cavalerie.
- C'est astucieux.                                                                                                    

Synopsis :
Le Lieutenant Dexter, héros de guerre, se voit proposer une ultime mission : escorter une grande quantité d'or jusque Washington. Il est hélas pris dans une embuscade dont il sera l'unique survivant. Injustement accusé de traitrise et de vol puis condamné aux travaux forcés, Dexter va tout faire pour se venger. Ca va barder ! Mouahahahahah ! MOUAHAHAHAHAHAHAH !

Vous aimez les combats mous ? Les poursuites à cheval accélérées ? Les péripéties et rebondissements fantaisistes ? Les sidekicks mexicains avec des dents en moins (le mexicain a toujours une dent en moins) ? Les romances niaises et naîves ? Les morts qui tombent en se tenant toujours le milieu du ventre qu'ils soient touchés au pied ou à l'épaule ? Les plans qui resservent plusieurs fois par économie de moyen  (hilarante séquence du bal au début et à la fin du film) ? Les gentils qui se vengent avec la barbe parce que la barbe ça fait méchant ? Les doublages de film fait par 3 glandus pour 40 personnages ? Les mexicains qui ont un cheveu sur la langue (parce qu'en plus d'avoir une dent en moins, le mexicain sossotte) ? Robert Woods qui serre les dents quand il est pas content et qui les desserre quand tout va bien ? Les décors magnifiques d'Alameria ? Les séquences d'évasion surréalistes ?
4 Dollars de Vengeance est fait pour vous ! Enfin pour moi c'est sûr et c'est déjà bien. Comme ça on pourrait croire qu'on a à faire à un beau nanar mais que nenni, juste du cinéma d'exploitation comme nous en offrait des tonnes les années 60 et 70. C'est efficace, bien mené, sans prétention ; tout s'enchaine tellement vite et signalons-le, n'importe comment, qu'il est impossible de trouver le temps long. A savoir qu'il s'agit du film préféré d'Ingmar Bergman (Cris et Chuchotement est complètement repompé dessus, il l'avouera lui-même dans sa biographie) et qu'il fut le plus grand succès du box-office américain pendant près de 150 ans. Un exploit qu'on est pas près d'oublier.

Trailer qui sent bon le mexicain avec une dent en moins mais un cheveu sur la langue (c'était ça ou une jambe de bois).

Posté par dirty_flichty à 15:50 - Bisseries et déviance - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juillet 2005

Pistolets pour un Massacre (Una Pistola per Cento Bare), 1968, Umberto Lenzi, Espagne/Italie

pistolets
- Ahah ! On les a bien eu les copains !
- Ohlala, que d'aventures !                   
- Oui, ahah !                                       

Synopsis :
De retour après la guerre, Jim Slade découvre ses parents morts. Il devra devenir Shériff par nécessité pour se venger des meurtriers.

Action et suspense sont au rendez-vous dans ce magistral western d'Umberto Lenzi et soutenu par une musique grandiose. Les combats sont époustouflants ! Enfin un western qui décoiffe !!
Bon, ça c'est le dos de la jaquette de la minable édition française (2:35 recadrée, image délavée, colorimétrie changeant toutes les 2 minutes, son mono poussiéreux). Autant dire qu'on en est très très loin. Ce Pistolets pour un Massacre est sympathique mais complètement anecdotique. Avec sa trame basée sur une vengeance de plus, il aurait fallut des acteurs ou une mise en scène de qualité pour tirer le film vers le haut, or là, rien de tout ça. Lenzi n'est pas à l'aise avec le western et ça se voit, reste au polar mon Zizi (matez Napoli Violenta ou Milano Odio pour voir) et laisse les grands comme Leone, Corbucci ou Lupo faire leur boulot. Quant à Peter Lee Lawrence en héros (Jim Slade, quel nom ! On se croirait dans un vieux Rodeo avec Tex Willer et Kit Carson), il est franchement pitoyable et dépareille du reste du casting avec sa gueule d'ange pas crédible pour un sou (ouais mais c'est pour dire qu'il a rien à faire là tu vois, qu'il est devenu un monstre par la force des choses tu vois). Restent une bonne idée comme l'insertion de fous dans l'intrigue. C'est original et ça permet de suivre le film avec un peu plus d'enthousiasme que le reste du temps. Leur évasion est LE moment intéressant du film, non pas que le reste ne le soit pas, mais ça reste dans le domaine du "je m'en fous, ça dure qu'1h20, ça va".

Trailer permettant d'admirer la qualité du doublage français

Posté par dirty_flichty à 19:23 - Bisseries et déviance - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juillet 2005

Rabid Dogs (Cani Arrabiati / Semaforo Rosso), 1974/1996, Mario Bava, Italie

rabid6
Alors que Riri menaçait Loulou avec un gant en cuir (en cuiiiiir !), Fifi cherchait
des cailloux en forme de moulin à vent pour offrir à son chirurgien transformiste.

Synopsis :
Après un braquage sanglant, les membres d'un gang prennent la fuite en ayant la présence d'esprit d'emporter une otage avec eux. Les évènements s'enchainant et empirant, ils détournent une voiture transportant un enfant malade en plus du conducteur. La ballade sauvage (copyright Terrence Malick) peut commencer...

Rabid Dogs fait partie de la catégorie des films maudits, catégorie dans laquelle on peut ranger La Forteresse Noire de Michael Mann et Le 13ème Guerrier de John Mctiernan. Invisible pendant plus de 20 ans à cause de problèmes juridiques, le film ne sortit qu'en 1996. En effet, Mario Bava n'ayant pas les moyens de se payer le permis lui permettant de filmer les autoroutes entourant Rome, il a joué les terroristes cinématographiques (comme Chris Marker l'avait fait à maintes reprises) et tourné sans autorisation. Interdiction de sortir Rabid Dogs à l'époque donc. C'est seulement en 1996 que son fils, Lamberto Bava, pu récupérer les droits du film afin de monter et tourner de nouvelles scènes à l'aide des indications que lui avait laissé son père. Ayant vu le montage original seulement agrémenté du nouveau générique, je ne peux pas trop critiquer le résultat. Mais connaissant le fiston, il n'a pas pu s'empêcher de caser des gnomes ou des chiens démons avec nez de clown et bave fluo à la gueule. En tout cas, s'il était sorti dans les années 70, le film aurait été taxé de meilleur polar italien de l'époque, j'en suis intimement persuadé.
Rabid Dogs est l'unique film de Mario Bava prenant place dans le monde réel, à une époque définie et dans des lieux existants. Habituellement versé dans l'horreur gothique, la sur-stylisation et l'artifice à outrance, l'expérience qu'il a eu avec Rabid Dogs a dû le dissuader de recommencer. Dès le générique on est dans le bain (enfin la douche là en l'occurence) : la silhouette d'une femme en larme derrière un rideau rose, puis travelling arrière rythmé par les pleurs incessants. Début du film et le malaise est déjà présent. Après une séquence d'action assez mollassonne (le père Bava n'est pas un habitué du genre), le huis-clos commence vraiment. 1h30 dans une voiture. Avec n'importe quel tâcheron, ça aurait donné quelque chose d'extrêmement chiant mais là, la tension ne retombe jamais. Des dialogues au cordeau, des acteurs pétant les plombs (on vient à s'en demander s'ils jouent vraiment), une gestion de l'espace ahurissante (on est dans un break et les points de vues et autres axes sont innombrables), Rabid Dogs joue dans la cour des grands.
Meurtres, violence sadique, humilation s'enchainent mais sans gratuité, sans complaisance. Mario Bava teste la patience du spectateur : en aura-t-il assez ou au contraire son instinct voyeuriste va-t-il faire surface ? Rabid Dogs est un polar qui sent le sang, la sueur et la pisse. Un film viscéral, rempli de haine mais également de sincérité. Chaque plan possède la marque de son auteur. On remarque qu'il s'intéresse beaucoup plus aux sales gueules qu'aux victimes, lâches et pathétiques. Mais sans jamais les rendre sympathiques. Au contraire, leur comportement devient de plus en plus dégueulasse (c'est le mot le plus juste) au fur et à mesure du film. Le conducteur, Riccardo, aura beau s'évertuer à tenter de les calmer, les seules réponses qu'il aura seront un couteau sous la gorge et des insultes. La fille elle, Maria, est un véritable pantin gesticulant au bon gré de Blade et Thirty-two, les deux affreux qui la tourmente presque jusqu'au viol. L'impuissance à laquelle ils font face se transmet forcément au spectateur qui ne peut que se résigner à serrer les dents en espérant qu'enfin ils aient l'occasion d'agir. La fin est surprenante à plusieurs égards et ne doit surtout pas être racontée.
Je concluerai en parlant du formidable thème de Stelvio Cipriani, présent durant quasiment toute la totalité du film (et non je vous l'assure, ce n'est pas lassant), qui reste forcément dans notre tête sans qu'on ne puisse rien y faire. A savoir qu'il a réutilisé sa partition de La police à les mains liées (La Polizia ha le Mani Legate, 1974, Luciano Ercoli) en la modifiant légèrement. Même chose pour What have you done to your daughters (la Polizia Chiede Aiuto, 1974, Massimo Dallamano). 2 autres excellent polars qui plus est.

Le thème principal (qualité merdique car extrait du générique du film)

Posté par dirty_flichty à 21:29 - Bisseries et déviance - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2005

Dead Birds, 2004, Alex Turner, USA

deadbirds11Synopsis :
Après un braquage de banque assez violent, un groupe de soldats confédérés se cachent un moment dans une baraque entourée par un champ de maïs. C'est cool ils manqueront pas de pop-corn comme ça. Seulement, il y a des formes ectoplasmiques pas super gentilles qui vont venir les empêcher de finir la cuisson correctement.

Présenté dans la plupart des grands festivals fantastiques mondiaux (Toronto, San Sebastian, Sitges), le film jouit d'une assez bonne réputation. Le pitch est pas franchement original, il faut le dire sans avoir peur, on est grand, on est fort, on est beau, on a fait la guerre enfin pas moi mais je connais un gars dont le grand-père a été au Vietnam l'année dernière. Mais le fait que l'histoire se situe au 19ème siècle dans le far-west apporte un peu d'exotisme au genre. Pas de bananes malheureusement.
Avec un casting constitué de gueules connues du ciné indié US (Isaiah Washington, Mark Boone Junior) et une "star" (les guillemets sont là pour signaler que bon quand même faut pas exagérer) : Henry Thomas, on a de quoi espérer quelque chose de sympa. Et effectivement dès le début, on est dans le bain. On a le droit à un putain de braquage ne lésinant pas sur les effets gores (ahhhhhhhhhh) numériques (ohhhhhhhh).
Je me dis "yeah, allez là charclage during all ze movie" et ben non. C'est le piège. Il y a bien quelques scènes chocs pendant le film mais on a surtout le droit à du jump-scare plutôt efficace (oh que oui, brrrrrr). Classique mais ça marche.
Une question peut alors être posée : est-ce que le fait que les films qui sortent en direct-to-video soient supérieurs à leurs homonymes qui ont le droit à des sorties cinéma n'est peut-être pas aussi une des causes de la baisse de fréquentation des salles ? Quand on voit la trilogie Ginger Snaps, Cherry Falls, Shallow Ground ou Dead Birds, il y a de quoi être sceptique. Amis distributeurs, au boulot !

Trailer

Posté par dirty_flichty à 00:50 - Bisseries et déviance - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1