15 juillet 2005

The Wicker Man, 1973, Robin Hardy, Royaume-Uni

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Ah mais je m'en rappelle très bien, il était gros comme ça.

Synopsis :
Le sergent Howie se rend sur une petit île pour enquêter sur la disparition d'une jeune fille. La population du coin est très étrange et pas tellement encline à aider le brave policeman.

Je vous entends déjà gronder au loin tel les bruissements de pas d'une horde de chevaux sauvages se rapprochant de mon sillage : "Encore une adaptation de comics ! Pffffff, et c'est quoi cette fois ? Ah ok, l'Homme d'Osier, génial et il a quoi de spécial en dehors du fait qu'il est pote avec Super Gitan, le héros du poulailler ? Ils roulent en BMW à la rescousse des gens en faisant du porte à porte ?" Vous en êtes loin, trèèèèèès loin..... The Wicker Man est une étrangeté, une bizarrerie, un film qui n'aurait jamais dû exister de par les difficultés que son studio lui faisait (studio qui harcelait également Nicholas Roeg lors du tournage de Ne Vous Retournez Pas, produit en même temps). Ce n'est pas du tout un film d'horreur comme le laissent croire les nombreuses affiches et autres jaquettes, ni un film d'épouvante. Le sujet est un McGuffin, un prétexte pour confronter deux mondes totalement différents. Le brave policier qui débarque d'Ecosse, totalement dévoué à la religion chrétienne et extrêmement puritain, est forcément déboussolé quand il est face à ces gens "décadents" et aux rites "paiens" (selon ses termes). En effet, ils transgressent tout ses interdits, tout est mêlé au sexe dès le plus jeune âge. On voit des garçons effectuer une danse en chantant des paroles asses tendancieuses pendant que leurs camarades féminines parlent de symbole phallique avec leur institutrice. Le plaisir est partout, à tout instant. Au départ tentant de faire abstraction de ceci pour le besoin de son enquête, Howie va vite être scandalisé par cette attitude et il résistera jusqu'au bout à la tentation (chapeau parce que personnellement, voir Britt Ekland danser lascivement, nue, en se grottant le long d'un mur, ça me titille quelque peu).
The Wicker Man n'est pas du tout manichéen, c'est au spectateur de faire la part des choses en fonction de sa perception au niveau de ses croyances religieuses et morales. La fin est en cela, en plus d'être tétanisante et sublime, assez ambigûe et peut laisser perplexe (enfin euh...modérément quand même). Qui a tort, qui a raison ? La chrétienté qui s'oblige à des restrictions et à la sévérité ou le paganisme celte qui voue un culte à la vie et à tous ses plaisirs ? Malgré l'atmosphère étrange qui règne dans ce village, jamais on ne perçoit les gens comme des être maléfiques ou bien l'on baigne dans quelque chose malsain. Les couleurs sont vives, chatoyantes, la population heureuse et toujours de bonne humeur. Même Christopher Lee parait joyeux, c'est pour dire. Pour renforcer cette impression d'euphorie générale, le film est parsemé de chansons, véritables ôdes au plaisir charnel. Je dois bien avouer que l'ambiance new-age, c'est pas trop mon truc, le temps était donc parfois long, même si c'est évidemment agréable de voir danser de jolies filles wicker6nues autour d'un feu dans une sorte de mini-Stonehenge puis sautant par-dessus le dit feu à s'en cramer la toison pubienne.
Anthony Shaffer, auteur de la pièce dont est adapté le film, a l'habitude du médium cinématographique puisqu'il a adapté Le Limier (Sleuth) tiré de sa propre pièce et écrit le scénario de Frenzy (Frenzy. Ca marche ! Ca maaaaaaaaaaaaaarche !). La renommée grandissante de The Wicker Man doit énormément à son statut de "film maudit" puisqu'ayant connu de nombreux problèmes lors de sa sortie (merci l'église catholique). Il existe donc 3 versions de respectivement 84 minutes (version d'origine), 99 minutes (director's cut datant d'une dizaine d'année après la sortie du film) et 117 minutes (director's cut datant de 2001). Je précise que c'est la seconde version que j'ai pu visionner. Emportons fourches et pieux pour punir ces producteurs ayant eu l'idée de faire un remake de ce film. Prévu pour 2006 et avec Nicolas Cage dans le rôle principal, il est évident que le mysticisme découlant du film va complètement disparaitre. En fait, d'après le synopsis que j'ai pu lire, ça ressemble vaguement à un Straw Dogs bis. Triste monde...

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Posté par dirty_flichty à 23:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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