26 juin 2005

Un Cadavre au Dessert (Murder by Death), 1976, Robert Moore, USA

murderbydeathSynopsis :
Lionel Twain, un riche excentrique convie les cinq meilleurs détectives de la planète dans sa demeure afin de leur lancer un défi : une personne sera assassinée de douze coups de couteaux dans le dos à minuit pile; celui qui trouvera la solution et le coupable avant la fin du week-end remportera 1 million de dollars.

Une fois de plus, le titre original est à mille coudées au-dessus de son adaptation française. L'ironie transparait immédiatement et reflète l'état d'esprit du film. On est ici dans la parodie la plus totale. Et la parodie de quoi me demanderez-vous ? Et bien de ce qu'à inventé cette chère Agatha Christie au début du 20ème siècle : le whodunnit. Unité de temps, de lieu et d'action. Un crime est commis. Plusieurs suspects sont présents. Un meurtrier est parmis eux. Sauf qu'ici, tout ces codes sont détournés de façon à rendre cela comique. De plus, le défi n'est pas seulement pour les invités mais également pour le spectateur fanatique d'énigmes policières connaissant par coeur les enquêtes de Miss Marple, Hercule Poirot, Arabesque, Hooker et Frank Drebin. Celui-ci va s'arracher les yeux et se pourrir le lobe frontal pour deviner les rebondissements et résoudre l'affaire. Grand bien lui fasse, pendant ce temps, moi, je rigole. Parce que bon, tout est volontairement tiré par les cheveux, ça twiste à tout va (et même à St-Tropez), ça se contorsionne entre les solutions toutes plus extravagantes les unes que les autres. La mise en abyme est formidable, à plusieurs reprises les personnages font allusion au ridicule de la chose, se moquent ouvertement de ce pourquoi ils existent.
Parlons-en des protagonistes d'ailleurs. Soyons honnête, le film repose avant tout sur son casting absolument incroyable : David Niven, Peter Falk, Truman Capote, Peter Sellers, Maggie Smith, Alec Guiness. Que du beau monde. Chacun campant un personnage rivalisant de génie comique (involontaire bien sûr, un film se voulant drôle entièrement joué au premier degré l'est mille fois plus). Peter Falk en américain goujat et vulgaire, Peter Sellers en chinois adepte de proverbes et citations moralisantes et donc hilarantes, Alec Guiness en majordome aveugle n'ayant pas vraiment le don de savoir utiliser ses autres sens et répondant au doux nom de Jamessir (yes ?) Bensonmum (yes ?). A ce sujet, Neil Simon a eu l'idée géniale de le confronter à une cuisinière muette. Le résultat est plus que cocasse. L'accent de James Cromwell ( L.A Confidential, le seul polar Ellroyen valable à mes yeux avec Chinatown de Roman Polanski; Explorers, pas un film pour enfant mais un film sur l'enfance, avec Ethan Hawke et River Phoenix et réalisé par ce gentil anarchiste qu'est Joe Dante; Murder by Death est son second rôle au cinéma) se savoure également avec délectation. Pour tout savoir, cet américain imite un belge parlant anglais avec un fort accent de son pays. Déjà, le travail effectué est extraordinaire et l'effet, drôlissime. Le film passe à vitesse grand V, d'idées folles en dialogues épatants sans oublier une ribambelle de gags, pour aboutir à un final qui écrase tout sur son passage. Et malgré que le film soit américain, l'atmosphère british qui se dégage de Murder by Death (en hommage aux modèles du genre) est un plus non négligeable. Neil Simon a pleinement remporté son pari : amuser son public tout en le menant en bateau. Tout bonnement jubilatoire.

Trailer
Un casting imaginé pour un hypothétique remake. En espérant qu'il le reste.
Site officiel du groupe homonyme. Oui ça n'a rien à voir mais bon. Avec le nom du groupe et le look du guitariste, je m'attendais à un énième groupe de metalcore moderne (style Black Daliah Murder ou The Red Chord) mais que nenni. Ca verse plus dans la pop classieuse et racée.

Posté par dirty_flichty à 01:27 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Un Cadavre au Dessert (Murder by Death), 1976, Robert Moore, USA

    intéressant...

    L'histoire a l'air sympa,d'aprés ce que tu en dit le film a l'air d'être burlesque au possible.Est ce que c'est le même genre d'humour que dans les films "la panthére rose" ou c'est autre chose???

    Posté par Wops, 27 juin 2005 à 13:53 | | Répondre
  • Ah, bonne question.
    Sachant que malgré toute la sympathie que j'ai pour Peter Sellers et Blake Edwards, je n'ai jamais aimé la série des Panthère Rose, en dehors du second (Quand l'Inspecteur s'emmêle) qui est tout bonnement époustouflant, j'aurais bien du mal à dire si c'est le même humour.
    Si c'est bien le cas, ce doit être moi qui ait des problème neuro-pathologiques.

    Posté par Dirty Flichty, 28 juin 2005 à 12:54 | | Répondre
  • Hypothèse qui je le rappel n'est pas à mettre de coté.

    Posté par Wops, 28 juin 2005 à 13:15 | | Répondre
  • RIP Wops.

    Posté par Dirty Flichty, 29 juin 2005 à 21:36 | | Répondre
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