20 juin 2005

Le Crime Farpait (El Crimen Ferpecto), 2004, Alex de la Iglesia, Espagne

crime_farpaitSynopsis :
C'est la guerre dans les grands-magasins, on se dispute les rayons comme si c'était des territoires stratégiques. A un point où le vendeur le plus séduisant tue un collègue rival par accident. Une des vendeuses du rayon parfumerie est témoin de la scène et en profite pour lui faire un perfide chantage sexuel.

Alors qu'on attend toujours que Muertos de Risa (1999, un de ses meilleurs films) soit distribué en France, le dernier long-métrage d'Alex de la Iglesia, vainqueur au festival de Cognac cette année sort dans les salles obscures. Après un 800 Balles emprunt de nostalgie (hommage au western spaghetti) et de respect envers ces nobles personnes que sont les figurants et autres cascadeurs, l'espagnol revient à la comédie acide, noire et grinçante (Muertos de Risa donc et Mes Chers Voisins). Changement de registre et c'est pas pour nous déplaire. Ici, le cynisme est roi et l'humour vachard également. C'est la spécialité de De La Iglesia et il ne se calme pas avec le temps. On pourrait faire un rapprochement avec le cinéma d'Ettore Scola (Affreux, Sales et Méchants, 1976) sauf qu'ici c'est quand même moins vulgaire et plus subtil.
Comédie noire, thriller, burlesque, fantastique, tout y passe et chaque fois avec talent. Alex (je le connais personnellement donc je me permets de l'appeller par son prénom, toute requête visant à annuler ce droit se verra simplement brûlée) connait par coeur les codes cinématographiques et en joue sans cesse. On verra donc une scène comique filmée en y installant un climax intense, tel un thriller. La dernière fois que j'avais vu ça, c'était dans Men Suddenly in Black (2001, Edmond Pang). Et non seulement c'est jouissif mais en plus il s'est encore amélioré le bougre. Oui c'est possible ! La principale faiblesse de ses films venait de leur rythme. Des films de 2 heures, c'est bien, c'est long, ça permets de passer le temps pendant qu'on fait cuire un rôti (ou un SDF, ça dépend de la saison) mais ça peut entrainer certaines longueurs si le scénario ne s'y prête pas. Il l'a compris et a donc retiré le surplus pour arriver à quelque chose de, presque, parfait. Pardon, farpait. C'est exhubérant, c'est grandiloquent, c'est De La Iglesia et c'est comme ça qu'on l'aime.
Et non seulement on a le droit à 1h45 de cinéma comme on aimerait en voir plus souvent mais en plus le microcosme sociétal que constitue le grand magasin (censé représenter le fameux Corte Inglès de Madrid) permet à l'espagnol d'égratigner un peu tout ce qui lui passe sous la main. Maladies, troubles du comportements, sexe, standards imposés de la beauté, j'en passe et la caravane suit. Encore, encore !

Tout plein de divéos puser pymsas

News de dernière minute : Muertos de Risa sera distribué en salle par la Fabrique de Films l'an prochain. Et c'est le gros Alex qui a téléphoné lui-même à la boîte. Que j'aime cet homme et sa barbe fournie.

Posté par dirty_flichty à 00:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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